L’artisan dévolu corps et âme au son des Alpes
Une douce odeur de bois se répand dans l’atelier. Au sol, quelques copeaux nous rappellent qu’ici, seul le noble matériau a droit de citer. Nous sommes dans l’antre d’Olivier Morisod, facteur de cors des Alpes, à Lavey-Village (VD), l’un des rares, en Suisse, à ne vivre que de la fabrication de cet instrument à vent, de la famille des cuivres.
«Bien plus qu’une activité professionnelle, c’est une passion! En reprenant l’atelier de mon père, François, je perpétue un savoir-faire qui tend à se perdre. D’une matière brute naît un très bel objet, élevé au rang de véritable symbole national», explique le trentenaire, menuisier formé à l’ébénisterie d’art.
Une vingtaine de pièces par an
Pour la facture de l’instrument, le jeune artisan ne travaille qu’avec de l’épicéa, un bois de résonance reconnu pour l’excellence de ses qualités acoustiques. Pour la couronne et les embouchures, seules les essences de bois durs sont privilégiées, à l’image du noyer, de l’érable, du mûrier ou du poirier. Surtout, la matière première ne doit souffrir d’aucun défaut.
Une vingtaine de cors, à l’esthétique parfaite, sont confectionnés à l’année. «Pour gagner en efficacité, j’en travaille toujours trois ou quatre simultanément et chacun d’eux nécessite près de 90 heures de travail!»
Olivier Morisod est l’un des rares facteurs de cors des Alpes à vivre de sa passion en Suisse romande. Menuisier et ébéniste d’art, il a repris les activités de son père dès le 1er janvier 2024.
À l’aide de couteaux à deux mains, puis, de vastringues, un outil plus petit, l’artisan va soigneusement façonner le pavillon jusqu’à obtenir une épaisseur générale de 5 ou 7 mm.
À l’aide de couteaux à deux mains, puis, de vastringues, un outil plus petit, l’artisan va soigneusement façonner le pavillon jusqu’à obtenir une épaisseur générale de 5 ou 7 mm.
Chaque tuyau du cor est travaillé sur un tour à bois pour lui façonner une forme conique quasi parfaite. Un indispensable ponçage de la pièce, au papier de verre, viendra encore affiner l’objet.
Les parties du tuyau du cor s’assemblent grâce à des joints cylindriques en alu éloxé, sertis par des joints o-rings en caoutchouc, assurant ainsi stabilité, solidité et étanchéité.
De fines éclisses de rotin, collées et enroulées méticuleusement en spirale sur la longueur du cor, contribuent aussi à en protéger la structure.
Les embouchures, soigneusement travaillées sur un tour à bois, sont toutes à base d’essence de bois dur, dont le noyer, le buis, le cornouiller ou le prunier, entre autres. Chaque joueur peut en choisir la taille en fonction de ses habitudes.
Afin de solidifier et de protéger le pavillon du cor, une couronne en bois dur est posée sur son extrémité. Elle ajoute aussi un certain esthétisme à l’instrument.
L’entreprise Morisod, Bois des Alpes, fondée par Olivier Morisod, se consacre entièrement à la fabrication et à la restauration de cors des Alpes.
Olivier Morisod propose deux modèles de cors des Alpes, déclinés en deux variantes. Ici, un instrument en quatre parties, en finition classique recouverte de rotin.
Des douilles en alu éloxé, serties par des joints o-rings en caoutchouc, sont fixées entre les parties du Cor, contribuant ainsi à assurer sa solidité et à son étanchéité.