Avoir la main verte s’apprend grâce à des coaches

L’association vaudoise Au-Potager propose des parcelles clés en main et un suivi personnalisé pour renouer avec la terre. En Romandie, les services d’accompagnement pédagogique à domicile ont de plus en plus de succès.
Lila Erard
François Wavre/Lundi13

Avant, les habitants de Prangins (VD) se croisaient au parc, au château ou à l’épicerie. Depuis deux ans, un nouveau lieu de rendez-vous anime la commune: une parcelle de 5000 mètres carrés à côté de l’aérodrome, sur laquelle 65 potagers clés en main ont vu le jour grâce à l’association Au-Potager. Pour un prix allant de 650 à 750 francs par an, les membres ont accès à une parcelle de 37 mètres carrés prête à l’emploi avec des outils, des semis et plantons livrés selon un plan de culture prédéfini et un accompagnement pédagogique afin d’apprendre à jardiner sans intrants de synthèse. «L’idée est d’encourager les citoyens à travailler la terre, les sensibiliser au temps nécessaire à la production de fruits et légumes et renforcer les liens sociaux dans la région», expose Caroline Serafini, l’initiatrice, en nous accueillant sur les lieux. Après le succès d’un financement participatif en 2019, le projet rassemble aujourd’hui plus de cent Pranginois, qui profitent du retour des beaux jours pour commencer à planter.

Tutos et bulletins

Parmi eux, Guillaume, informaticien de 36 ans, qui a récemment emménagé à cinq minutes à pied. «Je n’ai pas de jardin, mais j’ai toujours adoré la permaculture. Il n’y a rien de meilleur que ce que l’on fait pousser soi-même! Cet endroit est également un moyen de rencontrer du monde», raconte-t-il en semant des graines de radis. Il a tout d’abord suivi avec attention les tutoriels vidéo publiés par l’association, ainsi qu’un bulletin d’informations détaillé en fonction de la saison. Trois fois par semaine, des maraîchers sont aussi présents afin de prodiguer des conseils. «Les gens ont plein de questions, par exemple sur la profondeur à laquelle il faut planter les graines ou les techniques de paillage, explique Charline Daujat. Le reste du temps, j’entretiens le terrain, notamment le système d’arrosage goutte-à-goutte que nous avons installé.»

Différents groupes de discussion en ligne ont également été créés. Pour l’animation, l’agriculteur Reynald Pasche a remis en état une vieille planteuse à patates que les intéressés peuvent tester: «ll y a une bonne ambiance. Au début, j’étais sceptique sur ce genre d’initiatives parfois idéalistes. Mais là, cela contribue vraiment à rapprocher ville et campagne.» Toutefois, le climat capricieux de l’an passé et les nombreux ravageurs et maladies, comme les doryphores et le mildiou, ont détruit certaines récoltes, poussant des membres à abandonner. «Cela reste une bonne expérience, qui permet de se rendre compte de la difficulté du métier de paysan», assure-t-il. Fort de son succès, le projet a essaimé à Gland et Nyon, tandis que Rolle, Morges et Commugny (VD) se montrent intéressées. Motivée, l’équipe vient d’ailleurs de créer une faîtière pour mutualiser les ressources. «Nous espérons voir éclore douze potagers dans l’arc lémanique d’ici à 2025», déclare la coprésidente Monica Namy.

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