Les œufs blancs bios disparaissent des étals, et ce n'est pas un hasard

Depuis le début d'année, plus aucun poussin mâle n'est abattu en Suisse. Dans la filière biologique, seules des races brunes sont désormais élevées, pouvant produire à la fois des œufs et de la viande.
18 janvier 2026 Lila Erard
© Adobe Stock

Il va falloir s’y faire: tous les œufs issus de la production biologique suisse seront désormais bruns ou beiges. «Cela va surprendre les Alémaniques, qui préfèrent les œufs blancs. Mais ce n’est qu’une habitude, car le goût et la composition sont exactement les mêmes», souligne Daniel Würgler, président de la coopérative des producteurs GalloSuisse.

À l’origine de ce changement de couleur, une préférence pour les races brunes, liée à la fin de l’abattage des poussins mâles décidé en 2021 par l’entièreté de la filière, avec un délai d’application au 1er janvier 2026.

Question d’éthique

«Ces animaux étaient peu adaptés en raison de leur faible capacité d’engraissement, mais les mettre à mort dès la naissance n’était éthiquement plus acceptable.» Si la filière conventionnelle a adopté une technologie de sexage in ovo permettant de ne faire naître que les femelles, le secteur biologique a mis en place deux alternatives pour trouver un débouché commercial à chaque poussin.

Premièrement, des races de «poules à deux fins» sont sélectionnées. «Les mâles sont élevés en extensif, mais donnent moins de viande tandis que les femelles pondent bien, mais des œufs moins grands. Ainsi, chaque sexe à son utilité», résume le président.

Deuxièmement, les «frères coqs», auparavant tués, sont engraissés. «Dans les deux cas, il a fallu abandonner les races blanches au profit de brunes, car leurs coqs apportent plus de viande. Les poules blanches encore en activité aujourd’hui seront les dernières.»

Effort collectif

Cette baisse de performance dans le bio a conduit à une augmentation des prix d’environ sept centimes par œuf. «Dans le cas des frères coqs, les coûts de nourriture sont plus élevés, car ces gallinacés se développent plus lentement. Les prix pourraient encore augmenter cette année», informe Daniel Würgler, qui précise que les types d’élevage sont mentionnés sur l’étiquette des œufs ou de la viande, avec des slogans comme «Par amour des poussins» ou «Pour les poules&les coqs».

«Ainsi, le consommateur peut participer en pleine conscience à cet effort collectif en faveur du bien-être animal.»

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