Réservoirs et milieux naturels, de nouveaux rôles pour les étangs

Les métiers de la terre sont en mouvement. Chaque mois, Terre&Nature se penche sur un thème de recherche scientifique. Une idée qui germe et préfigure peut-être un tournant de la branche.
David Genillard 

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© Marcel. G

Lieux de ressourcement, réservoirs, milieux favorables à la biodiversité… Les étangs remplissent une multitude de rôles. Pourtant, neuf d’entre eux sur dix ont disparu en Suisse, indique Aurélie Boissezon, professeure assistante à l’Institut Terre-Nature-Paysage à la HES-SO Genève. «Les étangs urbains sont appréciés de la population, notamment pour leur caractère esthétique. Or, ils ont le plus souvent été créés dans un seul et unique but d’esthétisme, au détriment des autres fonctions.»

Afin de mieux définir le potentiel de ces fonctions, la Haute école genevoise a lancé Conforto, en 2019. «L’une des premières questions posées dans le cadre de ce projet interdisciplinaire était: ces étendues peuvent-elles être un moyen de lutte contre les îlots de chaleur?» poursuit Aurélie Boissezon.

En se penchant sur une dizaine de mares à Genève et Yverdon-les-Bains, Conforto a pu mettre en évidence cinq fonctions. Outre leur contribution à la climatisation des centres-villes, elles jouent aussi un rôle régulateur lors des gros orages. «Une autre étude s’est intéressée à la banlieue de Lystrup au Danemark, qui a vécu plusieurs inondations, la dernière remontant à 2012. Des étangs urbains de rétention y ont été aménagés par la suite et la ville n’a plus connu d’inondations depuis, malgré de nouveaux épisodes pluvieux extrêmes.»

La question de l’aménagement

Autre rôle non négligeable, «ces étangs participent à l’épuration des eaux de ruissellement, grâce à différents processus physico-chimiques naturels, ainsi que la présence de végétation et de micro-organismes». S’ajoute également une dimension socioculturelle, puisqu’ils deviennent des lieux de rassemblement et de divertissement. Enfin, ils contribuent à la promotion de la biodiversité. «Même en milieu urbain, ils attirent vite des libellules, des coléoptères, des tritons, des grenouilles… Et il n’est pas nécessaire d’en aménager de nouveaux pour cela: on peut modifier un bassin en béton existant pour le rendre naturel, en conservant les volumes et la fonction esthétique initiale.»

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