Du lin local à la Fête fédérale: un pari culotté pour habiller les lutteurs

Cette année, les participants à la Fête fédérale de lutte, qui a lieu ce week-end à Mollis (GL), revêtiront des culottes en lin "made in Switzerland". Les étapes de culture et de tissage ont été rapatriées dans le pays, sous l'impulsion de l'entreprise alémanique SwissFlax.
Lila Erard

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© Matthieu Spohn

Autrefois vêtus de leurs habits de travail ou d’un pantalon renforcé, les lutteurs portent depuis le XIXe siècle une culotte spéciale, fabriquée en toile de lin. Si celle-ci est cousue à la main dans le pays depuis plusieurs décennies, le textile qui la compose a longtemps parcouru bien des kilomètres.

«Le lin venait souvent de France, de Belgique et des Pays-Bas, puis la filature se faisait majoritairement en Chine. La traçabilité du tissage du tissu final, quant à elle, n’était pas claire», retrace Dominik Füglistaller, directeur de l’entreprise SwissFlax, qui ambitionne de relocaliser cette filière, du champ au produit fini.

Le pari est réussi puisque les culottes de la Fête fédérale de lutte et des jeux alpestres, qui se tiendra ce week-end dans le canton de Glaris, sont issues d’une chaîne de production locale, pour les étapes de culture, de tissage et de couture. «C’était peut-être déjà le cas à l’époque, car on comptait environ 200 hectares de lin dans le pays avant la Deuxième Guerre mondiale. Ensuite, la grande majorité de ce savoir-faire et des machines ont été délocalisés. Fabriquer à nouveau ce vêtement traditionnel en Suisse est un beau symbole.»

500 kg de fil par hectare

Cent pièces ont été créées, de couleur naturelle et brune, pour différencier les sportifs pendant les combats. Tout a commencé en Emmental (BE), où un agriculteur pionnier s’est lancé dans la culture de lin en 2014. Aujourd’hui, ils sont cinq, sur une surface totale de 7,5 hectares. Une fois les graines semées en avril, la plante pousse jusqu’à sept centimètres par jour. En juillet, elle est arrachée puis laissée à macérer avec des bactéries ou des champignons, afin de faciliter la séparation de l’écorce filamenteuse de la tige.

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