Des Neuchâtelois passionnés font battre le cœur de la forge historique du Pâquier
La couche de neige qui recouvre le Val-de-Ruz (NE) contraste avec la lueur rougeoyante qui danse aux fenêtres de la vieille bâtisse. «Attention, chaud devant!» entend-on crier. Derrière l’épaisse porte en bois, un nuage de fumée laisse apparaître une scène digne du XVIIIe siècle. Trois hommes aux mains noircies frappent tour à tour avec un marteau une pièce métallique posée sur une enclume centenaire.
Tandis que l’un d’eux donne le tempo, les autres suivent la cadence, dans un rythme percussif sonore et entêtant. «Ce qui est difficile, c’est d’être bien coordonnés, comme si on dansait ensemble. Cette fréquence permet de garder une température élevée, afin de travailler la matière plus longtemps», explique Daniel, ancien mécanicien de précision et membre de l’association de la forge du Pâquier, créée en 1983.
Un métier devenu rare
À ses côtés, l’un des fondateurs profite du spectacle. «Quand j’étais jeune, je venais souvent écouter le chant des marteaux. Ce sont des bons souvenirs», confie Frédéric Cuche, qui rappelle qu’une forge existe dans le village depuis au moins 1744, d’après les archives. «Autrefois, cette activité était indispensable dans les campagnes. On y ferrait les chevaux, réparait les outils et fabriquait les clous des charpentes, raconte-t-il. Puis, avec l’industrialisation au XXe siècle, le métier s’est raréfié et le local a servi à entreposer le matériel des pompiers.» Jusqu’à ce qu’une poignée d’habitants retroussent leurs manches et réhabilitent le lieu.
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