La Suisse composte ses premiers corps dans une expérimentation inédite
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C’est un site tenu confidentiel, à l’orée d’une forêt vaudoise. Dans une enceinte sécurisée, à même le sol, deux corps humains recouverts de soixante centimètres de broyat végétal, issu de déchets verts de taille et de tonte, retournent à la terre.
Il s’agit des premières dépouilles de donneurs à participer au projet pionnier de «biocompostage naturel», mené par le Swiss Human Institute of Forensic Taphonomy, à Lausanne. L’objectif: récolter des données sur la transformation des corps en humus et analyser les propriétés de ce nouveau «compost funéraire».
Dans un lit végétal
Si la technique est déjà autorisée aux États-Unis et en Allemagne en milieu contrôlé, il s’agit d’une première mondiale en plein air. «Nous n’avons rien inventé, car les anciennes civilisations, comme les Vikings, construisaient des sépultures similaires autour des corps, explique Vincent Varlet, responsable du projet. Aujourd’hui, nous avons besoin d’un monitorage précis pour établir un protocole duplicable à toutes corpulences, en toute saison.»
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