La vie d'un pionnier de la recherche climatique en film
Quand on le voit sur l’affiche – barbe givrée, tête coiffée d’une toque et lunettes de glacier –, on comprend à quel point Konrad «Koni» Steffen, glaciologue et climatologue suisse, était en symbiose avec son environnement. Passionné par l’étude de la glace dans les régions polaires, le scientifique a passé la moitié de sa vie sur les calottes polaires.
Il installe dès les années 1990 la station Swiss Camp au Groenland et crée un réseau de mesures, qui documenteront l’accélération spectaculaire de la fonte et contribueront à comprendre le rôle des calottes polaires dans le changement climatique. Parallèlement à ses expéditions, il enseigne à l’EPFZ et dirige l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL. C’est à cette figure majeure de la recherche climatique qu’est consacré le documentaire L’homme de glace de la réalisatrice suisse Corina Gamma.
Plus grand que nature
La vie du climatologue a pris fin tragiquement un jour d’août 2020. Après une mission de routine à une station de mesure sur la calotte glaciaire du Groenland, Koni Steffen n’est pas revenu au camp de base, le Swiss Camp. La nouvelle de l’accident a bouleversé l’opinion publique et la communauté scientifique mondiale. Un an après sa mort, le Swiss Camp a dû être abandonné, la calotte glaciaire étant devenue trop instable et dangereuse pour les scientifiques.
Le film de Corina Gamma retrace avec sensibilité le parcours de ce scientifique «plus grand que nature». On y découvre un pionnier qui a compris très tôt l’importance cruciale des mesures à long terme pour l’avenir de notre planète. Un anticonformiste qui a suivi sa propre voie et a eu le courage de proposer des solutions non conventionnelles, comme l’achat symbolique du Swiss Camp pour un dollar afin de pouvoir poursuivre ses projets, relève la réalisatrice.
Symbiose entre l’homme et son environnement
C’est à l’invitation de Konrad Steffen que la réalisatrice s’est rendue en 2011 au Swiss Camp pour y filmer les activités de l’équipe. «Quand Koni était encore en vie, j’avais convenu avec lui de faire un film sur son travail. Quand j’ai appris son accident, j’ai su que ce film devait être réalisé», explique la réalisatrice.
Le documentaire offre une plongée dans les paysages grandioses et austères des confins polaires. «J’ai voulu illustrer la symbiose profonde qui existe entre l’homme et son environnement, en montrant la puissance magique de ces paysages», conclut-elle. Ironie du sort, l’endroit que Konrad Steffen aimait le plus est finalement devenu sa dernière demeure…
+ D’infos Sortie le 18 mars.
