Face au déclin de la faune, faut-il museler les chats domestiques?

Qui n'a pas reçu un oiseau mort en tribut de son compagnon félin? La Suisse abritant un nombre de chats domestiques en forte croissance, des associations de protection de la nature s'inquiètent de ces prédations.
David Genillard 

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Minou devra-t-il regagner ses pénates à la tombée du jour? L’instauration d’un couvre-feu est l’une des pistes proposées le mois dernier par Mathilde Marendaz et Sébastien Humbert, pour lutter contre la pression des chats sur la biodiversité. La députée vaudoise d’Ensemble à Gauche et son collègue Vert’libéral en avancent d’autres: obligation de puçage ou encore mesures de lutte contre l’importation et l’élevage.

Leur texte a des allures d’acte d’accusation contre le félin. «Des études récentes se sont intéressées au comportement prédateur des chats, qui serait l’une des espèces invasives les plus problématiques au monde. Bien que le changement climatique, l’extension des zones d’habitation ou l’agriculture intensive soient communément reconnus comme des menaces importantes pour la biodiversité, cette problématique additionnelle ne peut plus être éludée.»

Les deux élus évoquent la présence de «1,7 million d’individus recensés» qui «tueraient chaque année 30 millions d’oiseaux et un demi-million de reptiles et d’amphibiens». Ces chiffres sont ceux avancés par l’Association suisse pour la protection du climat qui planche sur une initiative visant à réguler la prolifération féline. Le premier pourrait même être en dessous de la réalité: selon différentes sources statistiques, on dépasserait aujourd’hui les 2 millions de mistigris (lire l’encadré). Leur nombre de proies reste en revanche difficilement vérifiable: en 2019, une exposition du Muséum de Genève parlait de 5 millions d’oiseaux croqués.

Pertes supportables

L’animal de compagnie préféré des Suisses menace-t-il réellement la biodiversité? Sur son site web, la Station ornithologique suisse s’en inquiète et tente de sensibiliser. «Comme tous les prédateurs, […] ils chassent surtout les proies présentes en grand nombre et faciles à attraper. Lorsque ces espèces trouvent suffisamment de nourriture, de cachettes et d’abris pour leur reproduction, elles peuvent supporter même de lourdes pertes dues aux prédateurs. Si, au contraire, leurs effectifs sont déjà affaiblis, les chats peuvent conduire à l’extinction de populations locales.»

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