Des foins comme jadis pour sauver les narcisses
Le rendez-vous a été donné samedi matin sur une prairie abrupte des Avants (VD), à la vue imprenable sur le Léman. Munis de grands râteaux, une quinzaine de bénévoles et deux civilistes retournent l’herbe pour la faire sécher au soleil. «Je l’avais coupée l’avant-veille avec une motofaucheuse, mais il n’était pas possible de poursuivre mécaniquement, car ces parcelles sont escarpées, morcelées et difficiles d’accès», explique l’agriculteur Robin Marggi, membre de Narcisses Riviera.
Un trésor menacé
Créée en 1999, cette association s’est donné pour mission de sauvegarder ces fleurs emblématiques de la Riviera, en constante diminution dans la région. En cause: la progression des zones à bâtir, la reforestation due à l’abandon des alpages, la cueillette excessive ou l’agriculture intensive. «Le bétail pâture de plus en plus tôt et le piétinement empêche les bulbes de se développer, expose le président, Eric Monachon. En revanche, faire les foins tardivement en été favorise la repousse des fleurs au printemps, en libérant de la lumière, de l’espace et des nutriments.»
Une fois sec, le foin est assemblé en balles puis roulé jusqu’à un véhicule grâce à une «chaîne humaine». «C’est un joli travail d’équipe, qui se fait dans une ambiance conviviale. Il y a des jeunes mais aussi beaucoup d’habitués. Gambader dans les champs avec le foin qui gratte les jambes, ça rappelle des souvenirs!»
+ d’infos narcisses.ch

Les petites balles rondes, d’une trentaine de kilos, seront vendues à des agriculteurs ou des propriétaires de chevaux et de moutons. Une partie sera également valorisée en biogaz.

Les bénévoles retournent régulièrement l’herbe pour qu’elle sèche, en fonction de l’ensoleillement. Dans la pente raide, le travail est physique.

Une motofaucheuse spécifique, équipée d’une presse, est utilisée pour former les bottes. Celles-ci seront ensuite déplacées à la main.

L’agriculteur Robin Marggi fait les foins pour l’association depuis 2011. Il gère également un domaine aux Pléiades (VD).

À cette saison, les pétales des narcisses sont secs. On ne peut voir que la tige et le reste de la fleur, qui est montée en graine.

L’association s’occupe d’environ treize hectares par année, aux Avants et aux Pléiades. La plupart des parcelles appartiennent à des propriétaires privés, mais ne sont pas exploitées car difficiles d’accès.




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