Le Martin-pêcheur élu oiseau de l'année 2026
Avec son dos bleu turquoise, son ventre orange et son long bec, le Martin-pêcheur compte parmi les oiseaux les plus remarquables d’Europe. Mâle et femelle se distinguent à la mandibule inférieure: noire chez lui, orangée chez elle.
Malgré ses couleurs, il passe souvent inaperçu, se fondant dans les jeux d’ombre. Son «zjii» caractéristique le révèle le plus souvent lorsqu’il file au ras de l’eau. Grâce à Birdlife, il bénéficiera d’un coup de projecteur durant toute l’année 2026. Une bonne occasion pour faire connaissance cet hôte discret des bords de nos rivières.
Pêcheur hors-pair
On l’observe jusqu’à 600 m d’altitude, le long d’eaux claires et poissonneuses, stagnantes ou à faible courant. Depuis un perchoir, il plonge droit dans l’eau pour saisir de petits poissons ou d’autres animaux aquatiques. Les proies les plus grandes sont assommées contre la branche avant d’être avalées tête la première.
Entre février et mars, les poursuites aériennes annoncent la recherche d’un partenaire. Le mâle offre parfois un poisson à la femelle. Le couple creuse ensuite une galerie de 40 à 80 cm dans une berge sableuse ou argileuse, raide et tranquille. À partir de fin mars, la femelle pond six à sept œufs, couvés trois semaines. Les deux parents nourrissent les jeunes, qui quittent le nid après trois à quatre semaines puis sont rapidement dispersés. Les adultes peuvent mener deux à trois nichées par an.
Un habitat fragilisé
La population suisse est estimée à 400–500 couples, avec des fluctuations liées aux hivers rigoureux ou aux inondations. Les prédations, les dérangements liés aux loisirs et surtout la dégradation des milieux aquatiques limitent fortement l’espèce. Rectifications de cours d’eau, berges endiguées, zones humides asséchées et pollution réduisent les sites de reproduction et la disponibilité des poissons.
Le respect de l’espace réservé aux eaux, associé à des mesures de renaturation, favorise des berges variées et des cours d’eau dynamiques, améliorant qualité de l’eau et diversité piscicole. Le retaillage vertical crée de nouveaux sites de nidification. Là où les parois naturelles manquent, des installations artificielles – comme à La Sauge ou à Klingnau – permettent d’observer sans déranger ce précieux ambassadeur des eaux propres.
Comment aider le Martin-pêcheur?
Préserver des berges naturelles, éviter les dérangements près des zones de reproduction et soutenir les projets de renaturation sont essentiels pour cet oiseau sensible. Le maintien de rivières diversifiées, riches en petits poissons, et la création de parois abruptes favorisent durablement sa nidification. Des structures artificielles peuvent aussi offrir des sites adaptés là où les berges naturelles ont disparu.
