La transhumance de Nounours, le mouton parrainé par Terre&Nature

Berger à Mollens (VS), Damien Jeannerat guide chaque été ses quatre cents moutons jusqu'à Vercorin. L'arrivée marque le début de la saison d'estivage.
Margaux Mauran 

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© Margaux Mauran
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Il est tout juste cinq heures et une petite équipe est déjà rassemblée aux abords du terrain de foot de Mollens. C’est ici que la veille, Damien Jeannerat, propriétaire du troupeau, a déplacé les animaux pour qu’ils soient prêts au départ. Nounours, le mouton nez noir du Valais que parraine Terre&Nature, prend lui aussi part à l’aventure.

Tôt ce matin à la ferme, le berger a fait monter la quinzaine de chiens de protection dans la bétaillère. L’un d’eux, Paulo, en est immédiatement redescendu pour aller se balader dans les environs.

Une descente agitée

Alors que le départ approche, le magnifique chien de berger des Abruzzes accourt. Il a vraisemblablement trouvé le point de départ de la transhumance en entendant les bêlements. Paulo fera finalement le chemin à pied, en laisse. Quant au bouc du voisin qui s’est faufilé dans le troupeau, il redescendra en bétaillère depuis Vercorin. Damien Jeannerat ouvre le parc et ordonne à Scott, le chien de conduite, de faire avancer les bêtes. La journée peut démarrer.

La descente jusqu’à Sierre se fait à grands pas. Devancé par quelques boucs, le troupeau cavale. Sous les ordres de son maître, c’est Scott qui impose aux animaux de ralentir. Pour fermer la marche, des amis de Damien Jeannerat sont présents, tout comme Lisa Curdy, la bergère qui gardera le troupeau pendant l’été. Ses enfants sont là aussi. Léo, Amélie et Isaac n’en sont pas à leur première transhumance et ils n’hésitent pas à bloquer la circulation ou faire remonter des informations à leur père.

Le public toujours enthousiaste

Lacet après lacet, le troupeau arrive en ville. Les habitants sortent aux fenêtres ou s’arrêtent au bord de la route. Le passage du troupeau offre un moment suspendu, à contretemps. «Dans notre monde où tout va vite, le troupeau ancre les gens dans une autre réalité», sourit Damien Jeannerat.

Lors de notre passage, le monde agricole s’invite en ville. J’aime ce moment de décalage.

Peu après sept heures, le troupeau est guidé vers un pré, en plein centre. Stacey, une amie de la famille Jeannerat, vient chaque année aider lors de la transhumance. En plus de conduire la voiture de tête, pour signaler aux automobilistes la présence du troupeau, elle offre à l’équipe de quoi se restaurer. «Dans les villages, explique l’habitante de Miège, il se passe toujours quelque chose. Cela me plaît de participer aux différents événements qui jalonnent l’année. On crée des liens, c’est humainement enrichissant!»

Se désaltérer dans le bisse

Une heure et demie plus tard, nous reprenons la route. Le rythme est trouvé et tout avance harmonieusement, pour le plus grand bonheur du berger. Quelques personnes ont rejoint le convoi, annoncé par l’office du tourisme de Vercorin. Peu après le début de la montée, nous rejoignons des chemins ombragés par les arbres.

À Briey, les animaux se désaltèrent dans le bisse, alignés dans un décor végétal dont le vert est estompé par la poussière soulevée. À mesure que le chemin se fait plus étroit, le convoi s’étire et quelques animaux ralentissent. À flanc de coteau, un parc temporaire a été aménagé pour accueillir le troupeau durant la deuxième pause de la journée.

Entre fête et émotions

C’est à 13h30 que le troupeau est attendu à Vercorin. Le berger ralentit la marche pour respecter l’horaire et les moutons en profitent pour goûter l’herbe locale. Les chevaux et la cavalière Edmée Mommeja prennent la tête du convoi alors que nous entrons dans le village. La météo est radieuse, de nombreuses personnes sont déjà là. Une fois la localité traversée, les animaux gagnent un pré où ils resteront trois jours. Toute l’équipe se rassemble et les chiens sont lâchés avec le troupeau. Si ce moment marque la fin de la journée de transhumance, il ouvre aussi celui de la saison d’estivage.

Pendant l’estive, c’est Lisa Curdy qui mènera le troupeau, jusqu’à 2600 mètres d’altitude en plein cœur de l’été. À voir les larmes du père de la bergère, nous comprenons que ce n’est pas anodin. Elle prépare cette saison aux côtés du troupeau et des chiens depuis plus d’un mois. «J’ai quelques inquiétudes, bien sûr, confie Lisa Curdy. Mais les animaux connaissent cette montagne et je suis assistée par les chiens de protection. Damien sera aussi présent quelques jours par semaine. Mon but est que les moutons soient bien, qu’ils puissent se nourrir de l’herbe des montagnes et prendre du poids. Au fil de l’été, je verrai la qualité de leur laine augmenter.»

+ D’infos Lire notre article sur le parrainage de Nounours

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