Dans les blés, les vers fil de fer font du printemps un enfer

Passer au bio, qu'est-ce que ça signifie vraiment à l'échelle d'une exploitation? Notre chronique mensuelle suit ce processus au plus près du terrain aux côtés de l'agriculteur de Bex (VD) Antoine Freiburghaus.
Oriane Grandjean
© Antoine Freiburghaus

Les beaux jours ayant fait leur retour, les blés d’Antoine Freiburghaus continuent de pousser. Or, si les débuts ont été prometteurs, une parcelle subit une attaque de vers fil de fer. Ces larves de coléoptères, connues pour causer des dégâts sur les pommes de terre, peuvent également avoir de lourdes conséquences sur les grandes cultures.

«Cela peut se produire dans une zone qui est restée en prairie durant plusieurs années, comme cela a été le cas ici, analyse Antoine Freiburghaus. Ces vers mettent entre quatre et cinq ans pour se développer, et ont besoin d’un terrain humide et chaud. Au début, comme le champ se situe en lisière de forêt, j’ai cru qu’il avait été abîmé par des sangliers. C’est en y regardant de plus près que j’ai remarqué que les plants avaient totalement disparu, les vers ayant mangé les racines et le blé.»

Un sursemis?

Des produits de traitement existent, mais en conventionnel seulement. En bio, rien n’est autorisé pour l’instant. «Un produit est en cours d’homologation, mais il n’est pas encore validé. Les deux tiers de la parcelle ont été touchés. Je vais peut-être tenter un sursemis, ce blé pouvant être semé en automne ou au printemps.» Heureusement, cela ne concerne qu’une des parcelles, les autres poursuivant bien leur croissance.

En parallèle, le Bellerin a effectué un apport en azote et un premier désherbage. La culture biologique implique des passages plus fréquents dans les champs avec une herse-étrille pour couper l’élan des mauvaises herbes. «J’ai aussi profité de passer l’étrille dans les prairies: les dents permettent d’arracher les brins d’herbe secs et d’enlever les feuilles mortes ou les mousses. Cela fait respirer la terre.»

Enrichir le sol

L’agriculteur a aussi eu droit à un contrôle du bétail dans le cadre du label IP-Suisse, qui s’est très bien passé. «Je vais également commencer à vider ma fosse pour mettre le purin sur les maïs, afin de leur apporter de l’azote et d’enrichir le sol.»

Une différence liée à sa transition bio est l’utilisation du compost, une nouveauté pour le jeune agriculteur: «Je vais l’épandre sur les couvertures avant le maïs, apportant de la matière organique au sol. En bio, cet apport est calculé: on ne peut pas dépasser 25 tonnes de matière sèche par hectare tous les trois ans. J’ai demandé un coup de main pour faire ces calculs. Tout se passe bien jusqu’ici, pas question de faire une erreur!»

 

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