De fil en aiguille, elle en découd avec le rythme infernal de la mode
L’air est déjà lourd au Centre Choiseul, un bâtiment d’allure industrielle proche de la gare de Pont-Céard, aux portes de Genève. C’est là, au rez-de-chaussée, que Laurence Imstepf accueille ses visites. Cheveux poivre et sel tirés vers l’arrière, regard lumineux, la couturière, qui a reçu ce printemps le Prix de l’artisanat des communes genevoises, annonce d’emblée: «Tout est fait ici.»
D’abord, il y a les idées qu’elle dessine sur un bloc A4 quadrillé, en papier recyclé. Ce jour-là, c’est une robe dont elle explore les contours. À partir d’échantillons, elle travaille des formes, s’arrête sur un élément, une manche, une poche, des choses se mettent en place, puis elle teste. «Pour moi, c’est important, ça doit bien tomber, être fluide, il doit y avoir un mouvement, une harmonie. La forme doit épouser le corps.»
Dans son atelier, des mannequins nus côtoient des silhouettes habillées, des rouleaux de tissu, des bobines de fil, des machines à coudre. Sur une grande table, un patron en tissu rose donne le ton.
Assumer sa singularité
Mademoiselle L, c’est l’histoire d’une femme libre, tenace et inventive. Mère à 20 ans (elle a deux enfants), entrée dans la mode à 30, Laurence Imstepf assume sa singularité. Sa marque, créée au tournant des années 2000, tel un troisième enfant, a grandi avec elle, empreinte de valeurs qu’elle a chevillées au cœur: savoir-faire, éthique, ancrage local.
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