«Les agriculteurs ne cherchent plus à avoir des champs aussi propres que par le passé»
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Comment votre discipline a-t-elle évolué depuis votre arrivée à l’Agroscope de Changins en 2008?
Autrefois, la stratégie de lutte contre les adventices était uniquement fondée sur les herbicides qui fonctionnaient bien. À mes débuts, nous n’étions que trois employés dans le service et nous nous occupions surtout de vérifier les données d’efficacité fournies par les fabricants en vue de l’homologation de nouveaux produits. Depuis une dizaine d’années, on s’intéresse davantage à des méthodes alternatives et notre groupe de recherche s’est étoffé puisque nous sommes une dizaine de personnes dans l’équipe.
Dans une stratégie de réduction des herbicides, ne devrait-on pas être plus tolérant à l’égard des adventices?
On ne peut pas laisser simplement proliférer les adventices, faute de quoi elles prendraient le dessus sur les cultures. Mais les agriculteurs ne cherchent plus à avoir des champs tout propres comme par le passé. Dans les congrès de malherbologie, des chercheurs évoquent même les effets bénéfiques des adventices. Plus la flore d’un champ est diversifiée, moins elle nuit au rendement. Cela dit, certaines plantes sont plus gênantes que d’autres.
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