Ses étonnantes toupies font tourner les têtes
Il a été cuisinier gastronomique, navigateur, athlète olympique en voile et constructeur de meubles. Jusqu’au jour où Jean-Pierre de Siebenthal, entrepreneur passionné et habile, s’est initié au tournage sur bois en regardant des vidéos sur internet. «Je me suis fasciné pour cet artisanat, qui permet de travailler un matériau noble avec finesse», raconte le Genevois.
Après un stage dans ce domaine en 2020, il s’est spécialisé dans les toupies grâce au concepteur français Christian Laloye, qui lui a enseigné la fabrication de ses modèles particuliers, pour les vendre en Suisse. «Cela m’a tout de suite plu, car c’est un jouet millénaire et hypnotique, qui amuse toutes les générations.»
Pluie de commandes
Techniques et équilibrées, ses constructions ont une durée de rotation particulièrement longue. «Celle qui est munie d’un lanceur peut tourner jusqu’à six minutes», informe-t-il. Quant au modèle Zen, actionnable à la main grâce à un ruban, on peut le faire tourbillonner à l’endroit comme à l’envers, sur une table ou sur un doigt. «C’est un peu magique», relève ce père de deux enfants.
Avant Noël, les commandes ont fusé sur son site internet et le tourneur a travaillé intensément dans son atelier, à Conches (GE), en parallèle de son activité de consultant dans le domaine de la voile. Chaque année, il produit plusieurs centaines de toupies, à raison d’une demi-heure de travail par pièce.
+ D’infos matoupie.ch
Plus de 22 étapes sont nécessaires à la fabrication d’une seule toupie, dont la transformation d’un carrelet en cylindre, appelée la «mise en rond».
Le tourneur utilise principalement du bois du Jura, comme le charme, l’érable et le hêtre, mais aussi du buis selon les parties de l’objet.
Le mécanisme de la toupie Zen est similaire à celui d’une essoreuse à salade. Il faut tirer le ruban orange à l’intérieur du carrousel bleu pour que la toupie virevolte, ici sur un doigt.
De nombreux outils spécifiques sont nécessaires, comme une gouge à creuser, une plane – sorte de couteau à deux manches – ou encore un bédane, proche du ciseau à bois, afin de fabriquer les neuf pièces qui composent le jouet.
Cette étape consiste à percer la tête de l’objet pour y coller le chapeau final en buis.
La toupie est lustrée à la cire d’abeille et carnauba pour lui donner un brillant éclatant.