Des Alpes à la cordillère des Andes, la brune suisse s'exporte à merveille
Dans quelques jours, une délégation suisse quittera notre pays pour aller représenter l’excellence helvétique en matière bovine. Sa destination? Bogota, capitale de la Colombie. Dans cette ville prend place tous les deux ans Agroexpo, foire agricole reconnue comme l’une des plus importantes d’Amérique latine et des Caraïbes.
Plateforme incontournable pour les acteurs du secteur agroalimentaire, elle accueille de nombreuses délégations internationales constituées d’éleveurs, de chercheurs et de commerçants en technologies agricoles, tous intéressés à faire des affaires.
De la science et des visites
Parmi les participants suisses, on trouve notamment Martin Rust, directeur de Braunvieh Schweiz, la fédération des éleveurs de la race brune. Celle-ci comprend deux lignées d’élevage: la Brune originale et la Brown Swiss. «Il y aura une partie de visites, mais aussi un programme scientifique, explique Martin Rust. Des sujets comme la tolérance des bêtes à la hausse des températures ou les valeurs génomiques seront abordés, et nous assisterons aussi à des conférences concrètes d’éleveurs de la Brown Swiss qui présenteront leurs besoins en matière d’élevage.»
Car si les Suisses se rendent à Bogota pour participer à l’Agroexpo, c’est bien cette race spécifique qui sera au centre de leur voyage. La Colombie profite en effet de la foire bovine pour accueillir cette année le Congrès mondial des éleveurs de Brown Swiss. Habituellement organisé tous les 4 ans, le Covid lui a fait subir une pause forcée entre son édition 2016, qui se déroulait en France, et la dernière, qui a pris place en 2022 aux USA.
La race la plus exportée
Alors, qu’est-ce que la Brown Swiss a de si particulier pour qu’on parle d’elle jusqu’en Amérique latine? «Parmi toutes les races que nous exportons, c’est la plus importante», indique Urs Spescha, responsable des ventes à l’international au sein de Swissgenetics, leader helvétique dans la sélection, la production et le commerce de semence bovine. Avec 1,5 million de doses de semence de Brown Swiss exportées sur ces 10 dernières années, l’entreprise détient également le plus grand programme d’élevage au monde pour cette race.
Après l’Agroexpo, la délégation suisse partira d’ailleurs pour quelques jours au Pérou visiter des exploitations et comprendre, de manière concrète, les conditions dans lesquelles s’insère la Brown Swiss.
Au sein de la manifestation – qu’elle sponsorise en partie – la firme tiendra un stand. «Nous vendrons nos produits et ceux de Semex Colombia, notre partenaire colombien en génétique bovine, prévoit Urs Spescha. Mais nous répondrons aussi aux questions de potentiels clients.»
Car en parallèle des questions de marketing, ces foires internationales permettent aussi des échanges. Pour Martin Rust, il s’agit d’une excellente manière de réseauter avec les responsables d’élevage issus des nombreux pays participants. «Nous échangeons toute l’année de façon virtuelle, mais ces évènements nous donnent l’occasion de nous voir en personne, explique le directeur de Braunvieh Schweiz. Pour la recherche, c’est aussi important de mieux comprendre les enjeux des autres pays, pour savoir dans quelle direction orienter nos thématiques.»
Un marché prometteur
Si une collaboration intensive est déjà bien instituée avec les pays limitrophes de la Suisse, constitués en réseau notamment par le biais de la fédération européenne des éleveurs de la Brown Swiss (EBSF), l’Amérique du Sud représente également un marché important.«Chez Swissgenetics, la Brown Swiss est la race la plus demandée en Colombie, au Pérou, en Équateur ou au Mexique», relève Urs Spescha.
La raison? «Elle s’adapte très bien à leurs conditions: elle résiste à l’altitude de fermes situées à plus de 4000 mètres, mais aussi à la chaleur élevée et aux maladies. Par ailleurs, ces éleveurs préfèrent les vaches issues de Suisse plutôt que celles provenant des États-Unis, bien que ces derniers en élèvent aussi, car les lignées suisses sont orientée sur une consommation de fourrage, qui correspond mieux à leur système de production agricole.»
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