Près de 3000 espèces sont à protéger en priorité en Suisse
Mammifères, oiseaux, insectes, plantes, champignons, mousses: il existe en Suisse 2999 espèces qui sont à protéger en priorité, selon la liste élaborée par l’Institut fédéral de recherches WSL qui a été publiée mercredi. Cette liste aide la Confédération et les cantons à mieux cibler leurs efforts et à mieux se coordonner dans leur politique de préservation de la biodiversité.
Ces 2999 espèces qui ont besoin d’une attention prioritaire ne peuvent survivre à long terme sans un soutien actif. En Suisse, environ 56 000 espèces sont répertoriées, dont 10 000 ont été classées comme menacées dans un programme de listes rouges de la Confédération, indique le WSL dans un communiqué.
Responsabilité mondiale
D’un point de vue international, la conservation et le développement des populations en Suisse sont particulièrement importants pour près d’un tiers d’entre elles, notamment parce qu’elles sont endémiques et ne sont présentes qu’en Suisse, note le WSL. Les espèces communes en Europe et non-indigènes ne sont pas considérées comme prioritaires.
Le génépi des neiges ou le criquet des Churfisten ne vivent qu’en Suisse, relève Silvia Stofer, présidente d’InfoSpecies et lichénologue au WSL, citée dans le communiqué. La Suisse devient du même coup responsable à l’échelle mondiale de la conservation de telles espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Espèces endémiques
La Suisse a également une responsabilité importante envers les espèces partiellement endémiques, qui existent aussi dans les pays voisins. Le WSL prend comme exemple un petit escargot qui porte le nom d’hélicon rhétique ou une mousse surnommée la riccie de Breidler.
Selon Silvia Stofer, la biodiversité helvétique décline principalement en raison de la destruction et du morcellement des habitats, mais aussi de la dégradation de leur qualité. De nombreuses espèces des marais, par exemple, figurent dans la liste des espèces à protéger en priorité.
Des mesures assez simples permettraient de favoriser la protection d’espèces en sursis. Pour conserver le lichen pulmonaire, il faudrait par exemple préserver ses arbres-hôtes. On pourrait également créer davantage de structures telles que des bosquets champêtres et riverains, des étangs ou des murs de pierres sèches.
