Ovins, caprins, camélidés: à chaque lainage son usage

En Suisse, le cheptel ovin est d'une grande hétérogénéité. Plus souvent élevées pour leur viande ou leur lait, quelques races de moutons se distinguent par leur laine aux utilités variées. C'est le cas aussi de certaines chèvres et alpagas.
Milena Michoud
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En terres helvétiques, depuis une septantaine d’années, il n’existe pas de sélection génétique des bêtes à laine. Pour une bonne raison: la viande, en première place, et le lait, en deuxième, générant de meilleurs revenus, les incitations à ce que le pays se dote d’une chaîne de commercialisation digne de ce nom n’étaient pas assez grandes. Peu rentable, la laine ne reste qu’un sous-produit.

Les races d’ovins sont donc principalement sélectionnées pour leur capacité à produire de la viande ainsi que du lait. Une analyse statistique publiée en 2025 par l’association Prométerre montre d’ailleurs qu’au sein du cheptel ovin, 30% des bêtes proviennent de races non caractérisées et 14% de croisements.

La laine de certaines races est néanmoins recherchée. Mais le marché laineux est caractérisé par une grande hétérogénéité. Terre&Nature vous propose un éventail de races – dont certaines ne sont pas forcément des moutons – et des différents débouchés de leur laine, selon leurs caractéristiques.

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Blanc des Alpes

Race la plus courante en Suisse, elle est principalement privilégiée pour sa bonne production de viande. Mais sa laine, moins grossière que celle des autres races suisses, attire aussi: uniformément blanche, elle est souvent utilisée pour le feutre ou la literie.

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Nez noir du Valais

La laine de ce natif du Valais, particulièrement adaptée aux conditions montagnardes, a deux caractéristiques: longue et bouclée. Robuste mais difficile à travailler, elle a ainsi souvent été décrite comme «laine à tapis» et été utilisée comme telle.

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Mouton d'Engadine

Comme le brun noir du Pays, il est prisé des éleveurs bios, qui apprécient sa rusticité. Plutôt rêche, sa laine est utilisée pour l’isolation, mais certains valorisent la peau de ses agneaux en les transformant en peaux naturelles à glisser dans la poussette des bébés.

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Skudde

Rare, menacé et sauvegardé par ProSpecieRara, le skudde porte un pelage particulier: un sous-poil fin, et un sur-poil grossier. En Suisse, il est coûteux de les séparer. Malgré quelques utilités de ce sous-poil en feutrage ou en literie, sa laine part plutôt pour l’isolation ou la tapisserie.

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Roux du Valais

Race à laine grossière, le roux du Valais, qui a failli s’éteindre dans les années 1980, est particulièrement apprécié des artisans feutriers pour la coloration naturelle de son poil… qui aurait même pour vertu, selon certains, d’éloigner les rhumatismes!

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Brun noir du Pays

Il fait partie des races suisses – pour sa part, très ancienne – à la laine plutôt grossière. Mais, comme pour les autres races à poils similaires, la Suisse n’ayant pas de tradition de fabrication de pulls en tricot d’Aran, la toison du brun noir du Pays est plutôt utilisée en isolant, ou pour confectionner des tapis.

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Mérinos suisse

Le mouton qui détient la laine la plus fine, c’est lui. Il est à l’origine d’une des seules parures qui peut se porter à même la peau. Sélectionnée pour des usages textiles, sa toison se caractérise par différents types de finesse. En Suisse, celle-ci va jusqu’à «superfin».

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Chèvre angora

Sans qualités laitières, la chèvre angora est élevée pour sa laine. Entièrement blanche et faite de mèches longues, soyeuses et lustrées, sa toison pousse de 2,5 cm par mois: une quantité abondante qui permet de confectionner la fibre mohair, dont sont issus vêtements de luxe ou lainages.

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Chèvre cachemire

Originaire des steppes d’Asie centrale, elle est peu répandue en Suisse. Une poignée de producteurs, regroupés par l’Alpine Cashmere Association, détiennent tout de même quelque 400 bêtes dans le pays et produisent principalement laine, mais aussi viande, cuirs ou cosmétiques avec le lait.

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Huacaya

Cet alpaga traditionnel – plus répandu en Suisse que son cousin le suri – est tondu une fois par année. Peu demandée par les transformateurs, sa toison est souvent gardée par les propriétaires, qui la transforment en duvets et coussins, ou en bonnets, écharpes et bandeaux, réputés pour tenir chaud.

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