Les eaux du lac Léman continuent de se réchauffer
La Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel) dresse « un bilan contrasté » des résultats du rapport scientifique 2025. Les eaux du lac continuent de se réchauffer et n’ont pas été entièrement brassées pour le quatorzième hiver de suite. Toutefois, plusieurs améliorations sont aussi signalées, notamment la baisse « historique » du phosphore.
Le brassage hivernal n’a atteint qu’environ 140 m sur les 309 m de profondeur maximale du Léman, indique la Cipel. Et de rappeler qu’il faut des hivers froids et des épisodes venteux marqués pour effectuer des brassages complets, soit des conditions qui deviennent plus rares avec le réchauffement climatique.
Cette situation engendre « un déficit persistant » en oxygène dans les eaux profondes, ainsi qu’une « diminution progressive » des nutriments dans les couches de surface, « indispensables au phytoplancton et à l’ensemble de la chaîne alimentaire », écrit la Cipel dans son communiqué.
Autre constatation de la Cipel: les eaux de surface se sont réchauffées de 1,7 degré par rapport à la période de référence 1991-2020. Il s’agit d’un écart record depuis 1991. Les températures moyennes saisonnières ont aussi été « constamment supérieures aux normes mensuelles. » La température moyenne au fond du lac a atteint 6,5 degrés, un autre record historique, conséquence d’une augmentation continue de 0,1 degré depuis 2012. Pour la Cipel, cela confirme, encore une fois, que le fonctionnement écologique du lac subit « des transformations profondes » en raison du changement climatique.
Phosphore en baisse
Les résultats du rapport scientifique 2025 ne sont toutefois pas tous négatifs. La Cipel se réjouit notamment que la concentration en phosphore ait « fortement diminué » pour atteindre un niveau « encore inimaginable il y a vingt ans. » Cela constitue « une étape majeure » dans la restauration du Léman, poursuit la commission.
« En réduisant le phosphore, nutriment clé pour la croissance du phytoplancton, les épisodes d’efflorescences algales ont fortement diminué et la qualité de l’eau s’est nettement améliorée », souligne la Cipel. La construction et l’amélioration des stations d’épuration, l’interdiction des phosphates dans les détergents ou encore la réduction des apports agricoles expliquent cette baisse de la concentration de phosphore.
Malgré ce progrès, « une vigilance écologique soutenue reste indispensable face aux pressions actuelles », entre changement climatique, espèces invasives et pollutions invisibles telles que les micropolluants et les microplastiques, prévient l’organisation franco-suisse.
