L'envol du gypaète
se poursuit dans les Alpes, mais il reste fragile


Décimé par les êtres humains au XIXe siècle, le charognard se plaît dans l'arc alpin. 
Une récente étude montre que la population du seigneur des cimes va doubler ces dix prochaines années. Son essor est toutefois précaire.
Céline Duruz
© Marcel Burkhardt

Chaque randonneur garde un souvenir mémorable du jour où un gypaète barbu l’a survolé. C’est que le bel oiseau ne laisse pas indifférent. Avec ses presque trois mètres d’envergure, des yeux clairs cerclés de rouge et un poitrail orange éclatant, il impressionne. L’apercevoir sur les cimes devrait devenir plus courant ces prochaines années, tant le charognard semble se plaire dans les Alpes. Éradiqué par l’être humain au XIXe siècle – car il voyait en lui un redoutable prédateur d’agneaux –, le grand vautour s’impose aujourd’hui dans le paysage.

Une récente étude menée par la Station ornithologique suisse, la Fondation Pro Gypaète et la division Biologie de la conservation de l’Université de Berne, révèle que la population de ces grands rapaces devrait doubler au cours de la prochaine décennie.

«On a analysé la dynamique actuelle de la population à partir du nombre de jeunes produits par les couples nicheurs, précise 
Raphaël Arlettaz, professeur de biologie de la conservation à l’Université de Berne. On a aussi estimé le taux de survie des gypaètes sur la base des caractéristiques de chacun, à savoir la bague d’identification fixée à leur patte que l’on peut décoder sur photographie ou encore le profil génétique obtenu grâce aux plumes récupérées sur le terrain. La plupart des individus peuvent ainsi être suivis au cours du temps. Ces données nous ont permis d’effectuer des simulations capables de prédire le futur de la population alpine, selon divers facteurs environnementaux.»

Évolution encore fragile

Réintroduit en 1986, l’espèce a mis du temps à s’installer dans l’arc alpin. Il a fallu attendre une décennie pour que la première nidification réussisse en liberté. Le modèle prédit qu’aujourd’hui environ 350 gypaètes barbus vivent dans les Alpes. Leur avenir reste toutefois précaire, avertit la Station ornithologique suisse, car quelques décès de plus par année peuvent suffire à menacer les effectifs.

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