Reportage
Les garderies pour chiens sont en plein essor

Lorsqu’on travaille, il n’est pas idéal de laisser son chien seul à la maison. Reportage à Servion (VD), où une structure novatrice a ouvert l’été dernier, complétant l’offre des pensions de jour.

Les garderies pour chiens sont en plein essor

Si certains déposent leur bambin à la garderie avant de partir travailler, d’autres confient leur teckel ou leur berger australien à une structure similaire. En entrant chez Fun Dog Garderie, à Servion (VD), on y découvre d’ailleurs les accessoires classiques d’un accueil de jour: jouets en tout genre, chenille multicolore pour jouer à cache-cache et même balançoire. «Les propriétaires peuvent ainsi exercer leur activité professionnelle sans culpabiliser de laisser leur compagnon seul à la maison, souligne Lydwine Sage, qui a ouvert cette structure en juillet dernier. Les chiens font désormais partie de la famille, presque au même titre qu’un enfant. Leur permettre de passer une bonne journée est de plus en plus important pour les propriétaires qui travaillent.»
Une à plusieurs fois par semaine, en fonction du taux d’activité de leur maître, des canidés de toute race rejoignent ainsi cette garderie d’un nouveau genre, qui, contrairement à une pension classique, n’est ouverte qu’en journée.

L’occasion de sociabiliser
Si ces structures sont encore peu nombreuses en Suisse romande, le concept tend à se développer. Les pensions pour chiens n’ont néanmoins pas attendu leur création pour offrir un hébergement de jour. À Bussigny (VD), le chenil de la ­Lorelei propose en effet ce service depuis une trentaine d’années. «Nous n’y consacrons que 15 à 20% de notre activité, note le directeur, Gilles Zeller. Mais nous constatons ces dernières années une demande en croissance continue.» Toutes les pensions n’offrent cependant pas une telle prestation, notamment à cause de la nécessité de disposer d’une plage horaire d’accueil et de retour beaucoup plus large et flexible que lorsque les chiens sont déposés pour une semaine de vacances.
En outre, contrairement à une pension traditionnelle, nombre de propriétaires attendent de ce système de garde beaucoup plus qu’un simple lieu d’accueil. «Je travaille à mi-temps, explique Alena Donda, propriétaire d’un bouvier de l’Entlebuch. Luwa reste à la maison pendant une demi-journée sans problème. Mais je trouve plus amusant pour elle d’avoir l’occasion de côtoyer ses semblables. Comme elle est un peu craintive, ces contacts à l’extérieur l’aident à se sociabiliser.»

Cours de fitness ou de natation
Désormais, la pension de jour doit donc permettre à l’animal de s’épanouir en l’absence du maître. Pour s’adapter à la demande de cette clientèle spécifique, les garderies ont développé toute une gamme de prestations complémentaires personnalisées. Balades éducatives ou séances de reiki sont ainsi proposées ici ou là. À Servion, les chiens peuvent prendre part à un cours de fitness ou à une leçon de natation dans une piscine spécialement aménagée à leur intention. «La majorité d’entre eux sont sous-occupés, que cela soit physiquement ou psychiquement, regrette Lydwine Sage. Ces activités sont donc loin d’être uniquement une projection anthropomorphique des propriétaires. Elles permettent de travailler aussi bien la musculature que la coordination, l’équilibre et le mental.»

Un suivi au poil
Les promenades, qui pourraient presque passer pour banales, ne sont pas non plus oubliées. Matin et après-midi, les pensionnaires de la garderie Fun Dog sortent ainsi en campagne, seuls ou avec un autre chien, une offre rarement proposée par les pensions, où les canidés s’ébattent en général librement dans un parc clôturé. Afin que les maîtres puissent continuer à partager le quotidien de leur protégé, un suivi GPS de la balade effectuée a même été mis en place. Des caméras ont également été installées dans les trois salles de jeu. «Plus qu’une surveillance de notre travail, les propriétaires apprécient ainsi de pouvoir voir en direct leur animal et de participer à distance à sa journée, précise Lydwine Sage. Ils notent avec quel congénère il est allé se balader ou lequel a partagé une séance de jeu avec lui.» Si les chiens sont toujours heureux de retrouver leur maître le soir venu, ils arrivent le lendemain avec enthousiasme, impatients de jouer à nouveau avec les autres pensionnaires.

+ D’infos www.fun-dog-garderie.ch

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): François Wavre/Lundi13

Coûts et autres solutions

Pour un accueil de jour, en pension ou en garderie, il faut compter en moyenne entre 35 et 65 francs pour la journée, en fonction des services offerts. Plusieurs structures proposent des abonnements mensuels à un tarif plus avantageux. Une autre solution est de faire appel à un promeneur de chien, qui viendra chercher l’animal à la maison pour une balade.

Questions à...

Ariane Maillard Verhagen, vétérinaire comportementaliste
Un chien peut-il rester seul à la maison?
Oui, mais seulement à condition d’y avoir été préparé par un apprentissage progressif. Cet animal a en effet impérativement besoin de contacts sociaux. S’il est laissé trop souvent sans compagnie et sans stimulation, il peut développer des troubles anxieux ou dépressifs. Il risque aussi d’aboyer sans discontinuer ou de détruire des objets, à cause de l’ennui. La présence d’un deuxième animal, de même espèce ou non, n’est pas forcément apaisante.
Comment pallier l’absence du maître?
Pour occuper son compagnon, le propriétaire peut proposer diverses activités qui stimulent le flair, la mastication ou la cognition, comme une peau de bœuf ou un tapis de fouille. Le besoin physiologique d’activité générale d’un chien est de trois à cinq heures par jour. Dans tous les cas, il ne devrait pas rester seul plus d’une demi-journée sans pouvoir sortir pour ses besoins.

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