Des plantes vertes en seconde main: l'éclosion d'un nouveau type de brocante

Depuis 2022, le «Pflanzenbrocki», à Berne, propose à la vente des plantes vertes en pot de seconde main. Une initiative qui permet de lutter efficacement contre le gaspillage.
21 janvier 2026 Marjorie Spart
Les plantes que reçoivent Kristina Hodel et sa collègue ne restent que quelques heures, voire quelques semaines, au sein du Pflanzenbrocki.
© Guy Perrenoud
Les plantes que reçoivent Kristina Hodel et sa collègue ne restent que quelques heures, voire quelques semaines, au sein du Pflanzenbrocki.
© Guy Perrenoud
Les plantes que reçoivent Kristina Hodel et sa collègue ne restent que quelques heures, voire quelques semaines, au sein du Pflanzenbrocki.
© Guy Perrenoud
Les plantes que reçoivent Kristina Hodel et sa collègue ne restent que quelques heures, voire quelques semaines, au sein du Pflanzenbrocki.
© Guy Perrenoud

Dans le quartier du Breitenrain, à Berne, une brocante d’un nouveau genre a ouvert ses portes en 2022. Ici, on ne trouve ni meubles ni habits, mais des plantes vertes. Des végétaux en pot de toutes les tailles, de toutes les espèces qui ont en commun d’avoir connu une autre vie avant d’atterrir dans ce magasin de seconde main.

C’est dans une ancienne caserne de pompiers qu’a pris place ce Pflanzenbrocki. À l’intérieur, d’imposants cactus, un figuier de barbarie en fleur, des bananiers convalescents et d’autres arbustes de grande taille côtoient des plantes grasses, de l’aloé, quelques yuccas et de nombreux ficus posés sur des étagères. Environ 150 plantes en pot attendent un nouveau foyer.

Redonner du sens

Derrière le comptoir, Kristina Hodel, cofondatrice de cette brocante horticole, tient aujourd’hui la boutique. Fleuriste de formation, elle s’est fait embarquer dans le projet un peu fou de son amie Nora Hürlimann en 2021, alors que cette dernière, horticultrice, cherchait à redonner du sens à son métier.

«Tant Nora que moi, dans nos activités respectives, étions confrontées à un gaspillage incompréhensible des végétaux. Des ornements qui n’étaient plus à la mode, un changement de déco dans les jardins ou des fleurs plus assez jolies pour les clients partaient au compost alors qu’elles étaient tout à fait saines. Un non-sens», commente Kristina Hodel, heureuse d’avoir mis sur pied un projet durable.

Ouvrir le Pflanzenbrocki a aussi permis aux deux amies de mener un projet ensemble, elles qui caressaient cet espoir depuis leur rencontre à l’ancienne école d’horticulture de Niederlenz (AG) où elles ont effectué leur formation.

Plantes trop grandes

Elles ont donc ouvert ce lieu au centre de Berne pour offrir une deuxième, troisième ou septième vie aux plantes à de nombreuses espèces végétales. «À part les néophytes invasives, nous recueillons toutes les plantes que les personnes ne veulent plus ou dont elles ne peuvent plus s’occuper. Nous avons beaucoup de travail en automne, au moment de faire hiverner les plantes. De nombreuses personnes s’adressent à nous, car leurs plantes sont devenues trop grandes et qu’elles n’ont pas la place pour leur faire passer l’hiver à l’intérieur», explique la gérante.

Comme certains arbustes sont plutôt lourds et encombrants, les deux femmes ont mis sur pied un service de transport. Une fois par semaine, elles effectuent une tournée, en camionnette, chez les particuliers pour récupérer les végétaux. «Nous nous déplaçons dans un rayon de 20 km. Mais, heureusement, la plupart des plantes sont apportées directement au Pflanzenbrocki», souligne Kristina Hodel.

Les deux femmes n’achètent pas les végétaux qu’elles récupèrent: ils leur sont offerts contre bons soins. Et les soins, justement, sont la première étape obligatoire pour tout nouvel arrivant. Après une évaluation de l’état général, les plantes sont systématiquement rempotées. «Rien qu’en changeant la terre, par un terreau riche, nous requinquons près de 80% des plantes», souligne Kristina Hodel.

Pour toutes les bourses

Les autres, quant à elles, nécessitent parfois des soins plus aigus qui leur sont conférés sur un établi près d’une fenêtre. Là, les végétaux n’ont pas vraiment bonne mine: tiges chancelantes ou coupées à ras, branches squelettiques, feuilles éparses… «Certaines plantes doivent subir d’importantes coupes pour pouvoir repartir de plus belle. Mais tant qu’elles ne sont pas sèches, il y a de l’espoir», confie la quadragénaire.

Depuis son ouverture, le Pflanzenbrocki cartonne. Les plantes arrivent et repartent dans un délai de quelques heures à quelques semaines. De plus, elles sont accessibles à toutes les bourses. Les prix varient de deux à plusieurs centaines de francs pour les plus grands et vieux arbres, comme le magnifique olivier qui attend le printemps dans la cour de la boutique.

Derrière la création de cette brocante se cachent aussi des valeurs sociales. Si les gérantes arrivent aujourd’hui à se verser un salaire, ce n’est pas le profit qui les anime, mais la durabilité et la lutte contre le gaspillage. Sans oublier les contacts humains. Ce qui plaît à Kristina Hodel dans son travail? «C’est son sens. Et j’aime aussi échanger avec les clients, voir leur satisfaction de savoir que leurs plantes continueront à vivre.»

Un concept qui arrive en Suisse romande

Les deux amies ont développé leur brocante horticole sur la base de ce qui se faisait déjà au sein d’une institution sociale à Embrach (ZH). Un autre lieu similaire existait aussi à Gutenburg (BE). Mais depuis leur ouverture, d’autres Pflanzenbrocki ont vu le jour, notamment à Davos (GR), mais aussi en Suisse romande, depuis l’an passé, à Bourguillon tout près de Fribourg. Kristina Hodel confirme qu’elle reçoit régulièrement la visite de personnes désireuses d’ouvrir pareil endroit et qui viennent chercher des conseils pour savoir comment faire.

+ D’infos pflanzenbrocki.ch

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