Le tir de l'oiseau harle bièvre, protégé en Suisse, est controversé

Les harles bièvres, protégés en Suisse, devraient pouvoir être tirés si la protection des poissons est en jeu. La Station ornithologique de Sempach estime que la demande de la Fédération suisse de pêche n'est pas justifiée. Un projet de loi est en cours au Parlement.
10 février 2026 ATS/La rédaction
Selon la station ornithologique de Sempach, il n'est pas nécessaire de chasser ou de réguler les harles bièvres, car cette mesure n'aiderait pas les poissons menacés.
© Adobe Stock

Aujourd’hui, en Suisse, le harle bièvre est protégé par la loi. Une régulation comme elle existe pour le loup ou le bouquetin n’est pas possible. Mais cela pourrait bien changer.

Le conseiller aux Etats tessinois Fabio Regazzi (Centre) est à l’origine d’un projet de loi qui demande d’autoriser la régulation de ces oiseaux aquatiques protégés. Il justifie sa demande par le nombre croissant de harles bièvres et leur appétit pour les poissons. La commission de l’environnement du Conseil des Etats a établi un projet en ce sens.

La Fédération suisse de pêche soutient le projet. Trois quarts des poissons sont inscrits sur la liste rouge, a indiqué à Keystone-ATS David Bittner, directeur de la fédération. «Il s’agit de la protection des espèces.»

Manque de réserve piscicole

Comme les cormorans – qui peuvent être chassés –, les harles bièvres se nourrissent là où les proies sont faciles à attraper, souligne David Bittner. Au niveau local, ils pourraient ainsi menacer des espèces vulnérables telles que l’ombre commun, la truite lacustre et le hotu.

En effet, pendant la période de frai, de nombreux poissons se rassemblent au même endroit et deviennent ainsi des proies faciles. David Bittner déplore le déséquilibre en matière de protection: «Contrairement aux réserves ornithologiques, la Suisse ne dispose d’aucune réserve piscicole.» Il s’agit là d’une lacune importante dans la législation.

Aucune preuve de dommage

Ce ne sont pas les harles bièvres qui constituent la principale menace pour les poissons, mais les problèmes environnementaux causés par l’homme, selon le porte-parole de la station ornithologique de Sempach Livio Rey. Il n’existe aucune preuve que ces oiseaux causent des dommages aux poissons.

Il n’est pas nécessaire de chasser ou de réguler les harles bièvres, car cette mesure n’aiderait pas les poissons menacés. Selon ses chiffres, la population de harles bièvres a environ triplé depuis 1972. En 2024, on comptait environ 6650 spécimens en Suisse.

Mais son expansion est en recul. Cela indique que l’ensemble des zones disponibles seront épuisées, indique Livio Rey. Cet oiseau aquatique, principalement répandu en Amérique du Nord, en Scandinavie et en Sibérie, niche également sur les plans d’eau suisses.

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