Des ambassadeurs ailés dans le rétroviseur
En novembre, 18 000 citoyens suisses ont voté pour choisir le volatile qui incarnerait l’année 2026. La majorité d’entre eux a plébiscité le martin-pêcheur, déjà détenteur du titre en 2006. Longtemps, la désignation de «l’oiseau de l’année» était réalisée à l’interne, par le comité de l’association BirdLife. Depuis 2024, il a passé le flambeau et s’en remet désormais au vote du public.
Entre les mains de l’association demeure tout de même une prérogative, motivée par un but précis: les volatiles soumis au vote restent présélectionnés pour représenter une thématique particulière, liée aux campagnes de BirdLife. «Passer par cette activité ludique permet de rendre la population attentive à certaines thématiques et de la sensibiliser à des problématiques spécifiques», explique Eva Inderwildi, biologiste et chargée de communication chez BirdLife Suisse.
Parmi les 25 espèces ailées de ces dernières années, Terre&Nature vous propose une sélection de dix oiseaux accompagnés de leur milieu.
2001: le coucou gris
Tout premier «oiseau de l’année», le coucou gris reste présent dans les comptines et les cours de science des enfants, bien qu’il se soit raréfié. Sa stratégie consistant à profiter des nids d’autres espèces, il disparaît en même temps que ses espèces hôtes s’amoindrissent.
2010: l’hirondelle de fenêtre
Volatile vivant proche des humains, elle dépend pour nicher du bon vouloir de ceux qui la chassent parfois à cause de ses salissures sur les murs. Comme nombre d’autres espèces, elle est aussi représentative de la diminution des insectes, qui sont son principal en-cas.
2011: le pic noir
Pour BirdLife, 2011 marquait les premiers pas d’une campagne sur la biodiversité en forêt, où le pic noir occupe un rôle clé. Le message qu’il porte est le suivant: il est important de préserver les arbres vieillissants ou même morts de nos bois, car c’est là que ce volatile peut creuser des cavités, prisées ensuite par de nombreux autres animaux tant ailés que mammifères.
2013: le loriot d’Europe
Peu fréquent, il représente un milieu devenu rare en Suisse: les forêts alluviales, soit des espaces boisés bordant les cours d’eau qui méandrent naturellement. Cet oiseau se limitant à une altitude de plaine, où les rivières ont été particulièrement canalisées, il est de moins en moins visible… d’autant plus que, plaçant ses nids très haut dans les arbres, son plumage se confond avec les jeux de lumière du soleil dans les cimes.
2020: la pie-grièche écorcheur
Elle est la seule restante des quatre espèces de pies-grièches que comptait auparavant la Suisse. La raison: dû à la mécanisation de l’agriculture, elle a considérablement perdu son milieu – les haies de buissons épineux dont elle a besoin pour s’adonner à son habitude de consommation: piquer ses proies sur des épines pour constituer son garde-manger.
2021: la chevêche d’Athéna
Menacé, ce rapace nocturne était sur le point d’être totalement éteint dans les années 2000. Il fait désormais l’objet de plusieurs projets de conservation de BirdLife. La chevêche est emblématique des vergers à hautes tiges, autrefois très répandus, en grande partie remplacés par des basses tiges pour faciliter la récolte.
2023: la rousserolle verderolle
Vivant dans des buissons situés sur les rives de canaux ou de lacs, elle est la représentante des milieux humides, particulièrement asséchés en Suisse depuis une centaine d’années.
2024: le grèbe castagneux
Malgré sa ressemblance avec un canard, il n’en est pas un: il est d’ailleurs bien plus petit. Nichant dans les roselières en bordure de lacs, il est l’ambassadeur des berges aux végétations naturelles, mais aussi des eaux de haute qualité puisqu’il a besoin qu’elles soient claires pour y dénicher sa nourriture.
2025: le rouge-gorge familier
Si vous entendez des chants perlants en soirée ou en hiver, ce sont très probablement les siens. Représentant la thématique de la nature en ville, le rouge-gorge a la particularité d’être présent dans nos contrées tout au long de l’année.
