De la poudre et de la poudreuse: hiver explosif pour les pisteurs artificiers
Une gerbe de neige jaillit dans la pente, comme une vague née d’un invisible courant. Puis vient le bruit, une fraction de seconde plus tard, une explosion sourde qui semble faire trembler la montagne tout entière, vibrer les rochers, secouer un tableau figé qui soudain prend vie. La neige se met en mouvement, un pan de la combe descend lentement vers le bas, glisse, roule jusqu’au replat d’une route où la coulée se love, immobile à nouveau. La piste où nous nous trouvions il y a une minute encore a disparu sous la masse granuleuse.
Le vent redouble d’intensité. Dans les bourrasques, il est presque impossible de repérer les reliefs alentour. Il n’y a plus de ciel, plus de sol, partout un monochrome de neige, cinquante centimètres de poudreuse sous nos skis et dans les airs les flocons projetés à l’horizontale par un vent tempétueux, nous forçant à plisser les yeux pour dénicher un point de repère. C’est à peine si l’on distingue une barre rocheuse, plus haut, et de loin en loin les piquets qui signalent une piste de ski.
Lourde responsabilité
Tout a commencé à l’aube, dans l’odeur de café et la chaleur du poste des Ruinettes. Nous sommes à 2191 m d’altitude, derrière les vitres la neige tourbillonne dans la nuit qui s’éclaircit lentement. «Trente centimètres de neige fraîche, fort vent sur les hauteurs.» Vingt paires d’yeux sont braquées sur une grande carte du domaine skiable, que commente Paul-Victor Amaudruz, le chef des pistes. «On a eu pas mal d’avalanches spontanées. Il va falloir être prudents.»
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