Champignons de Paris: le pari à tenter à la maison
Le champignon de Paris, de son vrai nom Agaricus bisporus, ne pousse pas sur du bois comme certains autres champignons cultivés. Il se nourrit de matière organique très décomposée. Historiquement, il est produit sur un compost à base de fumier de cheval et de paille, soigneusement fermenté et mûri. Le champignon que l’on récolte n’est que la partie visible de l’organisme, son «fruit», en version blanche ou brune, au goût plus marqué.
Ce milieu riche et stable constitue une véritable réserve alimentaire pour le mycélium. On trouve facilement des substrats prêts à l’emploi, vendus en pains, en sacs ou en caissettes, parfois déjà ensemencés, ce qui simplifie grandement le démarrage.
Tout commence sous la surface
L’essentiel du travail se déroule hors de vue, dans le substrat, où se développe le mycélium, un réseau de filaments blancs comparable à des racines, mais bien plus étendu et actif qu’on ne l’imagine. Souvent appelé «blanc de champignon», le mycélium s’achète auprès de fournisseurs spécialisés ou en jardinerie bien achalandée. Présent sous forme de grains colonisés, il est réparti dans le substrat, où il va progressivement s’étendre. Cette phase est essentielle: tant que le mycélium n’a pas entièrement colonisé son milieu, aucun champignon n’apparaîtra. Patience et régularité sont donc de mise.
Côté matériel, les besoins sont modestes. Un bac, une caissette ou même une boîte percée de quelques trous suffit, à condition de pouvoir maintenir une bonne humidité. Une fine couche de terre de couverture, déposée sur le substrat colonisé, joue un rôle important: elle aide à conserver l’humidité et stimule la formation des futurs champignons. Les conditions ambiantes sont déterminantes. Le champignon de Paris apprécie l’obscurité, une atmosphère humide et une aération douce, sans courants d’air. Une cave, un garage ou un cellier sont souvent idéaux.
Température et humidité contrôlées
La culture se déroule en deux temps, marqués par une alternance de températures. Durant la colonisation du substrat, une chaleur modérée, autour de 22 à 25°C, est nécessaire. Cette période dure généralement deux semaines, pendant lesquelles l’activité reste invisible. Vient ensuite la phase de fructification, déclenchée par une baisse de température, entre 14 et 18°C, et par un maintien rigoureux de l’humidité. De petits boutons apparaissent alors en surface et grossissent rapidement.
La récolte se fait lorsque les chapeaux sont encore bien fermés, avant qu’ils ne s’ouvrent complètement. En coupant ou en dévissant délicatement les champignons, on préserve le substrat pour les récoltes suivantes. Une même culture peut produire plusieurs vagues sur plusieurs semaines. Avec un matériel simple et des conditions bien maîtrisées, la culture du champignon de Paris est accessible à tous et permet de le récolter frais sur plusieurs semaines, à quelques pas de la cuisine.
Les conseils de Charline Daujat
Badigeon à l'argile
Préparé sous forme de pâte, à base d’argile mélangée à de l’eau, parfois enrichie d’un peu de cendre de bois finement tamisée, le badigeon adhère bien à l’écorce des arbres fruitiers. Il contribue à assainir le tronc, limite l’installation de parasites hivernants et freine le développement de certaines maladies. Appliqué en fin d’hiver, il protège aussi l’écorce des variations de température, des brûlures du soleil et des gerçures.
Graines de piment
Les graines de piment, poivron ou aubergine ont besoin de chaleur pour germer correctement. Une température de 25-28°C est idéale, ce qui explique leur lenteur lorsqu’elles sont semées à température ambiante. Placées sur du papier ménage humidifié, dans une boîte fermée sur un radiateur par exemple, elles auront les conditions idéales. Dès l’apparition de la radicule, elles peuvent être délicatement mises en terre.
Velouté de mâche
La mâche, délicate en salade, révèle aussi toute sa saveur dans un velouté onctueux, associée à la pomme de terre. On commence par faire revenir doucement les feuilles avec un peu de beurre, puis on ajoute les cubes de pomme de terre avant de couvrir d’eau et de laisser mijoter jusqu’à tendreté. Une fois assaisonnée et mixée, la soupe devient veloutée et crémeuse, idéale en entrée réconfortante pour les soirées d’hiver.

