Sur l'autoroute de la migration, les oiseaux retrouvent une aire de repos au Fanel

D'importants travaux ont été effectués sur les deux îles du Fanel, dans le lac de Neuchâtel. Terminé récemment, ce réaménagement a pour objectif de créer des zones d'escales destinées aux migrateurs.
Marjorie Spart
© Association de la Grande Cariçaie
© Association de la Grande Cariçaie

Depuis l’observatoire érigé dans la réserve du Fanel (BE), on peine à se rendre compte de l’importante transformation qu’ont subie les deux îles, dans cette baie du lac de Neuchâtel. Si le changement n’est pas spectaculaire depuis la rive, il est ô combien bénéfique pour de nombreuses espèces de volatiles. «Les deux îlots, trop robustes, trop élevés et trop végétalisés, ne jouaient plus leur rôle de site de repos et de nourrissage pour les oiseaux d’eau migrateurs et hivernants», explique Christophe Sahli, biologiste et collaborateur scientifique au sein de l’Association de la Grande Cariçaie, qui a instigué ce vaste réaménagement.

Aussi les deux parcelles de terre de 5000 m2 chacune ont-elles été abaissées et repensées pour accueillir différentes espèces, en doublant presque la surface totale à près de 18 500 m2. Les matériaux récupérés sur le site ont été triés selon leur granulométrie, puis ont servi à créer différentes zones. Il y a, d’une part, la mise en place de quatre surfaces surélevées qui seront constamment hors de l’eau et destinées, entre autres, aux goélands. «Nous avons tout intérêt à leur maintenir un site adéquat pour se reproduire et éviter ainsi qu’ils ne colonisent les villes et causent des problèmes de cohabitation», souligne Christophe Sahli.

Une question de survie

D’autre part, plusieurs «langues de terre» très minérales et peu immergées ont été aménagées pour les migrateurs. «Ces surfaces peu profondes sont propices aux oiseaux limicoles, comme le bécasseau variable, le bécasseau sanderling ou encore le courlis cendré», cite Christophe Sahli. Avec leurs longues pattes et leur long bec, les limicoles arpentent la vase et le sable en sondant le sol à la recherche d’invertébrés et de crustacés dont ils sont friands.

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