Les brasseurs vaudois parlent désormais d'une seule voix
Verra-t-on bientôt une bière sur les tables de réception du Conseil d’État vaudois? Alors que le gouvernement désigne chaque année son vin et son fromage d’honneur, l’Association des brasseries vaudoises (ABV) promet en tous les cas de sensibiliser le monde politique à la richesse des mousses locales.
Avec 91 structures enregistrées auprès de la Confédération sur un total de 1181, le canton de Vaud est le plus fertile sur le terreau brassicole romand. Mais les artisans vaudois évoluaient jusque-là en rangs dispersés.
Un interlocuteur unique
Au grand regret du Conseil d’État. «En 2020, la députée Jessica Jaccoud avait déposé un postulat pour demander une plus grande considération et un engagement du Canton pour la promotion des bières de la région, rappelle Michaël Dupertuis, président de l’ABV et de la brasserie La Mine, à Bex. Le Canton a souligné le fait qu’il manquait un interlocuteur unique, pour ce faire.» Dans sa réponse rendue en décembre 2024, il estimait en effet que «la création de synergies entre les acteurs du secteur brassicole doit être insufflée à l’interne».
Cette observation a poussé les producteurs à se rapprocher. «Dès les premières discussions, il y a eu un fort enthousiasme autour de ce projet, se réjouit Kouros Ghavami, membre du comité de l’ABV et cofondateur de La Nébuleuse, à Renens. Nous nous connaissons tous, mais chacun travaille de son côté, par manque de temps.»
Des idées à foison
Officiellement lancée le 28 janvier, l’ABV a fédéré une trentaine de structures. «Nous en avons recensé une petite septantaine correspondant à nos critères, c’est-à-dire compter au moins un salarié à 50%», précise Michaël Dupertuis. La jeune association déborde déjà d’idées: elle prévoit l’organisation d’une Journée des brasseries vaudoises, le 9 mai à Puidoux.
Elle entend, en parallèle, agir auprès des autorités. Mais il s’agira aussi de sensibiliser les restaurateurs: au pays du chasselas, la bière reste le parent pauvre de la gastronomie (lire notre édition du 9 octobre). Elle pourra pour cela s’appuyer sur l’aide de GastroVaud. L’enjeu sera notamment de faire une place à la production locale dans des établissements qui sont majoritairement liés par des contrats d’exclusivité avec les grands groupes brassicoles.
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