Les batailles de Grandson et Morat continuent de façonner la légende helvétique
À l’aube du 2 mars 1476, un détachement de soldats confédérés attaque le campement de l’armée de Charles le Téméraire qui assiège le château de Grandson (VD). Au son des cors des Alpes, les renforts suisses prennent les Bourguignons en tenaille et remportent la victoire et, du même coup, un butin devenu légendaire. Le 22 juin, la Confédération des huit Cantons porte un coup fatal à l’armée du Duc de Bourgogne, en brisant le siège de Morat.
Ces deux batailles épiques marquent un tournant en Europe: unis, la «petite Suisse» a défait l’un des souverains les puissants de l’époque. Les forces politiques – dont le Vatican – vont commencer à s’arracher ces mercenaires impitoyables. Et hors de nos frontières, l’effondrement du duché de Bourgogne annonce un changement capital dans la géopolitique européenne. Dans le sillage de ces vérités historiques, ces victoires entraînent avec elles un cortège de légendes qui ont la vie dure.
Un récit façonné
Ce récit héroïque façonné autour de ces deux batailles naît véritablement au XIXe siècle. La Suisse n’est pas le seul pays européen à écrire son roman national, dans un contexte de rupture avec les régimes monarchiques. Le Confédération helvétique se dote d’une première constitution en 1848 et cherche à donner corps à cette unité. «Les commémorations de 1876 s’inscrivent dans cette logique, poursuit le médiéviste. Le comité d’organisation dispose de moyens importants, financés directement par le Conseil fédéral.»
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