Une maison en bois inspirée des anciens ruraux

Au Mont-sur-Lausanne (VD), une maison familiale construite avec des matériaux nobles et naturels reprend les codes des anciens bâtiments agricoles. À l'intérieur, les espaces sont généreux et lumineux.
Manon Germond

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Caractérisée par des volumes simples à l'intérieur comme à l'extérieur, la maison décline la sobriété sur les plans esthétique et énergétique.
© Vincent Jendly
Caractérisée par des volumes simples à l'intérieur comme à l'extérieur, la maison décline la sobriété sur les plans esthétique et énergétique.
© Vincent Jendly
Caractérisée par des volumes simples à l'intérieur comme à l'extérieur, la maison décline la sobriété sur les plans esthétique et énergétique.
© Vincent Jendly

De l’extérieur, cette maison en bois brûlé ressemble à un rural traditionnel. Dès que l’on passe le seuil de la porte, c’est pourtant un univers très moderne qui s’offre au visiteur.

Des escaliers mènent à l’espace de vie principal, aux deux chambres des enfants et à la salle de bains. Une mezzanine accueille la chambre des parents et laisse une belle hauteur de plafond au-dessus de la pièce à vivre. L’espace est parfaitement réfléchi, ce qui a aussi permis d’installer un studio indépendant au rez-de-chaussée.

Minimal et local

Cette maison naît d’abord dans la tête du jeune couple de propriétaires. Ils couchent sur papier un avant-projet grâce à leurs connaissances réciproques. Inès Alvarez, architecte, sait penser les espaces et tracer des plans. Mathieu Roulet est ingénieur et imagine le concept énergétique du bâtiment. Ensemble, ils réfléchissent aussi à leurs valeurs communes.

Elles leur serviront de guide durant tout le projet. «Nous ne souhaitions pas de «chichi», raconte Inès Alvarez. Pas de surfaces en trop, une douche plutôt qu’une baignoire. Nous voulions aussi utiliser un maximum de bois, des matériaux de qualité et de la région. Il était aussi important pour nous de travailler avec des entreprises locales.»

Typologie du terrain contraignante

Rapidement, le rêve de réaliser toute la maison en bois s’avère toutefois trop risqué à cause de la typologie du terrain. Face à cette réalité, le choix est fait de construire un socle en béton, puis d’y déposer la maison. Le châssis du bâtiment est ainsi construit en bois.

Quant aux isolations intérieures et extérieures, elles sont faites à base de copeaux de bois et de laine minérale. Une isolation qui s’approche des normes Minergie, «avec l’utilisation de matériaux les plus sains et naturels possibles, explique Catherine Jankowska, la cheffe de projet. Mais sans pour autant viser absolument les labels.»

L'architecte

PONT12 architectes est un bureau actif dans des mandats de grande envergure, publics comme privés. Il travaille sur des projets de différentes échelles, avec une attention portée aux enjeux de durabilité. Parmi ses réalisations figurent la rénovation et l’extension du Théâtre de Vidy, ainsi que le Centre sportif de Malley, la Vaudoise aréna, à Lausanne.

+ D’infos pont12.ch

Filtrer le soleil

Un bardage en bois brûlé recouvre le bâtiment. Là aussi, en reprenant les codes des anciens ruraux. Des claires-voies, en bois sombre, habillent certaines ouvertures de la façade. Ce qui permet de filtrer les rayons du soleil, de se passer de stores et de préserver l’intimité vis-à-vis des voisins.

Depuis l’extérieur, ces structures de bois se déploient devant les baies vitrées et donnent à la façade une apparence semi-fermée faisant écho au langage traditionnel de la ferme. Mais de l’intérieur, ces planches laissent passer la lumière. Ce qui permet aux baies vitrées de conserver toute leur ouverture sur le dehors. Le concept énergétique qui avait été pensé par Mathieu Roulet a pu être réalisé grâce à 28 panneaux solaires, entre autres. Ceux-ci permettent aussi de chauffer l’eau utilisée dans la maison.

Une flambée le soir

Quant au chauffage, il se fait via un poêle à bois hydraulique. Durant les périodes plus fraîches, la famille brûle chaque soir quelques bûches: «C’était le grand défi sur le plan énergétique de ce projet: trouver un poêle hydraulique esthétique et le placer au milieu du salon. Ce n’est pas encore très répandu de choisir ce type d’installation», explique la cheffe de projet. Au quotidien, Inès Alvarez est convaincue par cette installation: «Cela demande un investissement de faire un feu régulièrement, mais nous le faisions déjà dans notre ancien logement.»

Le coût de construction au mètre carré s’élève à 5700 francs. «Cela s’explique par le fait qu’il n’y a pas de sous-sol, soit d’espace non aménagé, dit Catherine Jankowska. Toute la surface est utilisée et finalisée, avec des matériaux durables et de qualité. Jusqu’à la peinture minérale utilisée sur les murs.» Aujourd’hui, le couple mesure le chemin parcouru depuis les premières esquisses. Et cette fierté n’a pas de prix.

En chiffres

Début du XXe siècle: construction du rural initial

60 m3 environ de bois utilisé pour réaliser la maison

992 m2, la surface du terrain

103 m2 de surface bâtie

13 mois de travaux nécessaires pour la construction

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