Quand l'art contemporain se savoure
C’est un voyage dont on pourrait imaginer ressortir avec l’appétit grand ouvert, mais d’où l’on émerge plutôt avec la tête pleine de questions et l’estomac en émoi. Il faut dire que le menu est copieux: 16 artistes vaudois et valaisans ont contribué à une exposition temporaire intitulée «À voir et à manger. Regards d’artistes sur le terroir suisse», qui se termine dans quelques jours.
Une diversité de médiums
De la peinture à la photographie en passant par le dessin, la vidéo, l’estampe et même l’art olfactif, elle se caractérise par sa diversité: «C’est la première de nos expositions qui réunit autant de médiums artistiques, note Chloé Cordonier, qui en assure le commissariat. La thématique du goût, que nous avons proposée en fil rouge, a beaucoup inspiré les artistes. Certains l’ont traité au sens littéral, d’autres ont choisi de prendre le contre-pied pour évoquer le dégoût, ou encore instaurer un questionnement autour du consumérisme.»
Se déployant sur deux sites, l’Espace Graffenried et le Château d’Aigle, l’exposition concoctée en clin d’œil au statut de Ville du Goût 2025 de la cité vaudoise fait notamment des références au terroir local, de la culture vitivinicole aux incontournables cornichons. Un périple qui fait sourire autant que réfléchir.
+ D’infos «À voir et à manger», jusqu’au 8 mars, Espace Graffenried, Aigle, espacegraffenried.ch
Avec «Triclinium», la photographe Aline Savioz détourne avec humour les codes des banquets antiques.<br />
Est-ce une grappe de raisin, ou notre esprit nous joue-t-il des tours? Dans «Fructus Maliciosus», Joëlle Allet cultive le doute.<br />
«Le Supermarché», Leah Linh. Choc des cultures: l’artiste vaudoise installe – presque – un vrai centre commercial dans le Château d’Aigle.
Quelle est l’odeur qui vous met en appétit? C’est en posant cette question aux visiteurs que l’artiste olfactive Maeva Rosset a donné naissance à un parfum, nommé «Faim d’envie, faim de besoin».
La plasticienne vaudoise Stéphanie Giorgis aime jouer avec les codes des affiches et de la culture populaire, mais aussi avec les mots, comme en témoigne le titre de cette illustration: «Désentartage».
Cinquante faux jambons tatoués au henné interrogent notre rapport à la viande et au terroir dans «Le Fumoir», de Leah Linh.

