«Épiderme», le sol à fleur de peau
Les publications de Marc Renaud surprennent: on ne s’attend pas à ce qu’un photographe traite de sujets a priori aussi peu visuels que l’électricité, l’hôpital ou les recherches de fonds. Le projet «Épiderme», sur les sols, a commencé dans un cimetière neuchâtelois. «Par curiosité, j’ai suivi une animation intitulée «Que vais-je devenir après ma mort», relate l’artiste. Cette démarche, au départ très personnelle, m’a ouvert une première porte sur le thème du sol.»
Au fil de rencontres et de recherches, le photographe découvre alors la diversité des disciplines qui s’intéressent à la terre.
Valeur artistique et documentaire
Dans le travail de Marc Renaud, l’humain n’est jamais loin: plusieurs clichés donnent corps à des métiers, des gestes ou encore des instants de vie. Tantôt artistiques, tantôt documentaires, les œuvres du photographe nous invitent à nous questionner sur notre lien au sol. Pour ce projet, Marc Renaud s’est rendu aux quatre coins de la Suisse, mais pas forcément au grand air: des clichés ont été pris à l’Université de Neuchâtel et à l’Observatoire national des sols à Zurich. Ayant appris que les sols étaient parfois déplacés, le photographe est allé jusqu’aux Pays-Bas: il y a découvert les gigantesques fours qui dépolluent des volumes considérables de terre suisse, acheminée en train depuis Bâle.
+ D’infos marc-renaud.com
Assainissement d’un sol pollué à La Chaux-de-Fonds (NE). Entre 2024 et 2025, l’ancien site d’une entreprise active dans le traitement de déchets industriels, a été creusé jusqu’à 12 m de profondeur par endroits afin de rendre accessible la terre contaminée.
Abstrait, ce cliché pris dans une usine à Aarberg (BE) dévoile tous les détails de la fibre de noix de coco moulue, utilisée comme matière première pour la fabrication de terreau.
Le travail de Marc Renaud donne une grande place à l’agriculture. Sans fard, cette image documente le lien entre les sols et le sucre suisse. Le photographe s’est rendu pour son projet dans plusieurs fermes, notamment dans le Seeland.
Marc Renaud a passé du temps sur un chantier de réfection d’un revêtement autoroutier à Puidoux (VD). Son regard aiguisé a saisi l’asphalte en train de couler.
Sur un site de fouilles archéologiques à Saint-Maurice (VS), des ossements humains d’une nécropole datant du haut Moyen Âge ont été mis au jour afin d’être étudiés. L’archéologue utilise ici des instruments de dentiste et un aspirateur pour dégager le squelette.
Une participante à un atelier de découverte du sol et de connexion à la nature prend un moment pour elle au contact de la terre.

