Bonnet brun et blanc bolet
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Du bouchon de champagne au stade adulte, un bolet pousse en une semaine environ. La coloration des chapeaux, d’un beige très pâle au brun sombre, varie selon les espèces, mais également en fonction du stade de maturation d’un individu et de son degré d’humidité.
Les champignons, tels que nous les voyons émerger du sol, ne sont que la partie reproductive d’un organisme souterrain composé d’un mycélium, dont les fins filaments sont invisibles à l’œil nu. Le pied est recouvert d’un chapeau sous lequel se trouvent des lamelles ou, comme chez les bolets, des tubes soudés les uns aux autres qui forment une sorte de mousse et contiennent les spores. Longtemps considérés comme des végétaux, ils ont rejoint le règne des Fonges (Fungi), ce qui les rapproche curieusement des animaux plus que des plantes.
Quatre cèpes et un outsider
Il existe une centaine d’espèces de bolets en Europe. Parmi elles, quatre sont excellentes et prisées au point de les différencier pour leur valeur commerciale en leur attribuant le nom de «cèpes» (le cèpe de Bordeaux, le cèpe bronzé, le cèpe d’été et le cèpe des pins). Quant au bolet à pied rouge, les fins connaisseurs le nomment «la récompense du mycologue» et le considèrent comme l’égal d’un cèpe.
Beaucoup d’espèces sont d’un goût médiocre, quelques-unes sont indigestes et peuvent provoquer de graves troubles gastro-intestinaux, mais aucune n’est mortelle, pas même le bolet satan. À noter que les bolets qui bleuissent en s’oxydant au contact de l’air ne sont pas tous impropres à la consommation.
Une rencontre inattendue
Lors d’une récente balade dans une très belle pessière en montagne, j’espère par des haltes régulières entendre le chant d’automne de la chouette chevêchette qui a niché ici ce printemps. En arrivant dans une clairière baignée d’un doux soleil automnal, je découvre plusieurs gros bolets aux pieds boursouflés comme les troncs de très vieux chênes. Je choisis mon modèle et m’installe confortablement dans cette atmosphère paisible.
Concentré sur mon dessin, je suis soudain surpris par un aboiement rauque et puissant qui me fait sursauter. Je n’ai pas entendu la biche de cerf qui s’approchait et qui a eu certainement aussi peur que moi. Le cœur battant, je la vois détaler et devrai attendre un moment la descente d’adrénaline pour terminer mon travail. Je quitte les lieux avec les cinq bolets dans mon sac, en me réjouissant de les apprêter le soir pour prolonger ce moment magnifique.
Comportements peu respectueux
Sans les rechercher, il m’arrive de trouver des champignons lors de mes promenades et je ne dédaigne pas une cueillette raisonnable. J’ai appris à reconnaître des coins favorables qui sont malheureusement trop souvent piétinés aujourd’hui par un nombre croissant de promeneurs qui écument les sites, en retournant avec un bâton tout ce qui ressemble à un bolet.
Les forêts par endroits deviennent de véritables cimetières de champignons qui jonchent le sol les pieds en l’air. La récolte relève souvent d’une avidité de s’emparer d’un produit délicieux, relativement précieux et offert. Je regrette que si peu de personnes ne soient capables de prélever respectueusement les champignons pour une consommation modérée.



