À Renens, Terasol transforme les terres de chantier en terre fertile
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En ville, la terre riche en matière organique est difficile à trouver localement. Cela pose problème lorsqu’il s’agit de développer des projets paysagers, comme des parcs publics, des zones arborées ou des cours d’immeubles, par exemple.
Jusqu’à présent, ce précieux matériau provenait de chantiers de construction qui se déployaient sur des terrains agricoles ayant subi une réaffectation. Or, ces derniers sont de mieux en mieux protégés. D’autre part, certains sols agricoles érodés ont aussi besoin de terre fertile.
Renens fait figure de pionnière
Partant de ce constat, l’entreprise Terasol, fondée en 2022, s’est spécialisée entre autres activités dans la création de substrats fertiles à partir de matériaux d’excavation obtenus lors de chantiers. Le 29 septembre dernier, Terasol et ses partenaires, dont la commune de Renens, ont ainsi fait figure de pionniers en inaugurant la première «pépinière de sol» romande.
«Jusqu’ici, explique Yannick Poyat, cofondateur de Terasol, nous faisions mûrir les sols directement sur les sites où ils devaient accueillir de la végétation. Nous intervenions là où il était nécessaire d’obtenir un sol apte à accueillir des végétaux. Aujourd’hui, nous produisons à Renens des substrats fertiles nommés Exosol dans ce que nous avons appelé une «pépinière de sol».
La transparence avant tout
Si ce matériau a donc vocation à être transporté en camion, la centralité du site permet néanmoins de réduire la distance des trajets. «À partir de cet emplacement, complète Yannick Poyat, nous pouvons atteindre deux cents communes en n’effectuant pas plus de vingt-cinq kilomètres. C’est très satisfaisant du point de vue environnemental.»
Pour produire de la terre fertile stable, autrement dit de l’humus, l’entreprise associe deux éléments: de la matière organique provenant de fumier et de compost ainsi que de la terre d’excavation. «Cette dernière, tient à préciser le professionnel, correspond à une strate de sol, l’horizon C, légalement considérée comme un déchet après son excavation. Elle est par conséquent systématiquement transférée en décharge, contrairement aux horizons A et B qu’il est important de protéger afin de pouvoir les valoriser tels quels.»
Réalisée avec transparence, la démarche de Terasol a inspiré confiance à la commune de Renens. De ce fait, le projet de 7000 mètres carrés a pu être implanté sur une partie de l’ancien site des pépinières Meylan. Pour Yannick Poyat, la commune a été exemplaire: «Face à la pénurie de terre végétale, d’autres villes devraient proposer des espaces dédiés à ce type de projets». Mis à disposition pour une durée de cinq ans, le site permettra à Terasol de produire au total entre 12 000 et 15 000 mètres cubes de terre fertile.
+ D’infos terasol.ch

