Au fil de la dentelle de Neuchâtel

Moteur économique du canton entre le XVIII et XIXe siècle, cet artisanat est perpétué par des amicales, dont celle du Locle. Si les fuseaux traditionnels sont toujours utilisés, la technique se modernise pour diversifier les créations.
Lila Erard

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© Matthieu Spohn
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La dentellerie est pratiquée dans le Pays de Neuchâtel depuis plus de 500 ans. Si cet artisanat de luxe a été exporté jusqu’aux États-Unis entre le XVIII et le XIXe siècle, il a peu à peu laissé place à l’activité horlogère. Pour maintenir ce savoir-faire précieux, des habitantes du Locle ont fondé une amicale dans les années 1980. Aujourd’hui, une vingtaine de membres s’y retrouvent pour avancer leurs créations.

Comme chaque lundi, les artisanes concentrées entrecroisent des fils enroulés autour de petites bobines de bois appelés fuseaux, selon un dessin piqué sur un carton et fixé à un coussin. «La dentelle neuchâteloise est extrêmement minutieuse car les fils en soie ou en lin sont très fins, tout comme les aiguilles. À l’époque, on réalisait des châles, des robes ou des bandes pour orner les bords de mouchoirs et les cols. Aujourd’hui, nous varions les techniques et utilisons des fils plus épais et colorés, dont du coton», explique Sandra Darras, la présidente du groupe.

Attrape-rêves, colliers, bracelets: nombreuses sont les décorations à prendre forme, à raison de plusieurs jours de travail par pièce. «Il faut être très patient, mais c’est aussi un joli moment méditatif qui plaît à toutes les générations.» Pour preuve, une étudiante en histoire de l’Université de Neuchâtel y participe régulièrement et a récemment consacré son mémoire de master à cet art ancestral.

+ D’infos L’amicale tiendra un stand au marché artisanal 
de La Sagne (NE), ce dimanche 18 octobre.

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