À Genève, zoom sur l'âge d'or des chalets en kit

Une centaine de chalets urbains existent dans le canton du bout du Léman, témoins d'un phénomène architectural inédit de la fin du XIXe siècle, longtemps négligé. Une exposition raconte l'histoire de cette mode, entre imaginaire alpin et industrialisation.
Lila Erard
© François de Limoges
© Jay Louvion
© François de Limoges
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On passe souvent à côté en leur jetant un regard amusé, sans connaître leur histoire. Entre 1850 et 1930, de nombreux chalets préfabriqués ont fleuri dans les villes européennes, notamment sur les terrains de propriétés de luxe. «À cette époque, il existait un imaginaire collectif puissant sur les paysages alpins, notamment grâce à des gravures populaires auprès des touristes, en Europe et au-delà.

Parallèlement, le perfectionnement des machines et l’amélioration du réseau ferroviaire avaient permis à des entreprises locales de travailler le bois à une échelle quasi industrielle, puis de livrer leurs créations en kit», retrace César Jaquier, responsable de l’exposition «Le Chalet», proposée par l’Association pour le patrimoine industriel, en collaboration avec Pauline Nerfin, historienne spécialiste de cette thématique.

Après l’âge d’or de ce phénomène architectural inédit, la mode s’est peu à peu essoufflée. À Genève, une centaine de ces créations iconiques subsistent encore, plus ou moins luxueuses, généralement réalisées en mélèze, arolle ou pin indigènes. «Aujourd’hui, ces bâtisses ne sont pas spécialement protégées ni valorisées. Cette période est négligée par l’histoire de l’art en raison de sa production standardisée. Elle témoigne pourtant d’une architecture moderne à la fois technique, commerciale et culturelle, qui mérite qu’on s’y intéresse.»

+ D’infos À voir jusqu’au 6 mars, patrimoineindustriel.ch

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