À Genève, zoom sur l'âge d'or des chalets en kit
On passe souvent à côté en leur jetant un regard amusé, sans connaître leur histoire. Entre 1850 et 1930, de nombreux chalets préfabriqués ont fleuri dans les villes européennes, notamment sur les terrains de propriétés de luxe. «À cette époque, il existait un imaginaire collectif puissant sur les paysages alpins, notamment grâce à des gravures populaires auprès des touristes, en Europe et au-delà.
Parallèlement, le perfectionnement des machines et l’amélioration du réseau ferroviaire avaient permis à des entreprises locales de travailler le bois à une échelle quasi industrielle, puis de livrer leurs créations en kit», retrace César Jaquier, responsable de l’exposition «Le Chalet», proposée par l’Association pour le patrimoine industriel, en collaboration avec Pauline Nerfin, historienne spécialiste de cette thématique.
Après l’âge d’or de ce phénomène architectural inédit, la mode s’est peu à peu essoufflée. À Genève, une centaine de ces créations iconiques subsistent encore, plus ou moins luxueuses, généralement réalisées en mélèze, arolle ou pin indigènes. «Aujourd’hui, ces bâtisses ne sont pas spécialement protégées ni valorisées. Cette période est négligée par l’histoire de l’art en raison de sa production standardisée. Elle témoigne pourtant d’une architecture moderne à la fois technique, commerciale et culturelle, qui mérite qu’on s’y intéresse.»
+ D’infos À voir jusqu’au 6 mars, patrimoineindustriel.ch
Le chalet Peschier a été réalisé en 1917 par Spring Frères, fabrique genevoise la plus importante de l’époque. Ses galeries en bois découpé et sa toiture à demi-croupe rappellent le folklore de l’Oberland bernois.
Cette construction a vu le jour sous l’impulsion du botaniste Henry Correvon, qui cherchait à reproduire les paysages alpins en plaine. Elle a été déplacée et rénovée par l’Association pour le patrimoine industriel afin d’être visible durant l’exposition.
La bâtisse de l’avenue Wendt, construite en 1898, est le premier exemple genevois d’un «immeuble-chalet urbain», comprenant plusieurs appartements.
Construit entre 1915 et 1925, le chalet de week-end La Praly, à Collonge-Bellerive, appartient à la série des petits «pied-à-terre» destinés à une clientèle modeste, séduite par l’accès à la propriété et aux loisirs de plein air.
À Chêne-Bourg, la façade du chalet Babel est garnie de planches de sapin imitant les madriers des chalets vernaculaires.
Ce grenier alpestre du XVe siècle a été déplacé à Genève pour l’Exposition nationale suisse en 1896, puis déménagé l’année suivante dans le parc des Eaux-Vives.
