L'année 2026 sera cruciale pour l'Union suisse des paysans

Politique agricole 2030+, plan d'allégement, prix à la production et accords de libre-échange: tels sont les thèmes qui occuperont l’USP en 2026. En début de semaine, elle présentait ses revendications pour cette année «décisive».
11 janvier 2026 ATS/La rédaction
Pour leur conférence de presse de début d’année, le président de l'USP Markus Ritter, la vice-présidente Anne Challandes et le directeur Martin Rufer se sont rendus sur l’exploitation de Christoph et Daniel Etter, à Meikirch.
© USP

Lundi dernier se tenait la traditionnelle conférence de presse de début d’année de l’Union suisse des paysans (USP). L’occasion pour la faîtière de rappeler les thèmes essentiels qui l’occuperont en 2026, année qu’elle estime «décisive».

La politique agricole 2030+ (PA30+), qui se concrétise, sera l’un des enjeux majeurs. Au lieu d’une politique purement agricole, il faut une politique alimentaire globale, estime l’USP dans un communiqué. Et d’ajouter qu’après les nombreuses mesures écologiques mises en place ces dernières années, la future politique agricole devra se focaliser sur la durabilité économique et sociale.

Les revenus dans l’agriculture restent «beaucoup plus bas» que le revenu de référence, rappelle l’USP. Le projet devrait être mis en consultation cette année et le message adopté par le Conseil fédéral en 2027.

Pas d’économies sur le dos de l’agriculture

La vice-présidente de l’USP, Anne Challandes, a plaidé pour que l’agriculture soit exclue du plan d’allègement budgétaire de la Confédération. «Comme le budget fédéral en faveur de l’agriculture est le même depuis 20 ans en valeur nominale, le secteur n’est en rien responsable du trou qui grève les caisses de la Confédération», a-t-elle fait valoir, citée dans le communiqué.

Le président de l’USP Markus Ritter a lui rappelé que si l’année 2025 a été bonne, elle ne suffit pas à effacer les trois mauvaises années précédentes. De plus, les prix à la production ne compensent pas les risques élevés de production dus aux conditions météorologiques ou à d’autres facteurs tels que les épizooties. Il a aussi dénoncé «la guerre des prix dans le commerce de détail».

Initiative sur l’alimentation

L’initiative sur l’alimentation, qui sera probablement soumise au peuple en automne, constitue un autre «sujet majeur». Le texte demande notamment d’adapter la politique agricole afin d’encourager la production et la consommation de denrées alimentaires végétales plutôt qu’animales. Il veut aussi augmenter le taux d’autosuffisance de la Suisse à au moins 70%, contre 46% actuellement.

«Cette initiative constitue un coup de force et une utopie», a souligné le directeur de l’USP Martin Rufer. Pour atteindre un tel taux d’auto-approvisionnement, la Confédération devrait fermer les frontières et contraindre la population à adopter une alimentation majoritairement végétalienne. «Ce serait comme revenir en temps de guerre».

Accord américain acceptable…

Pour l’USP, l’accord avec les Etats-Unis, dans sa forme actuelle, est acceptable dans la mesure où les concessions faites pour la viande se situent dans les limites des contingents de l’OMC et le droit alimentaire ne sera pas bafoué.

La Suisse et les Etats-Unis ont signé le 14 novembre une déclaration d’intention, qui doit désormais être transformée en accord bilatéral. Le Conseil fédéral a adopté le projet de mandat de négociations début décembre, un projet ensuite validé par les commissions de politique extérieure. Les cantons doivent encore se prononcer. Les Etats-Unis souhaitent conclure l’accord d’ici au 31 mars.

… une «autre histoire» pour le Mercosur

L’accord avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) est en revanche plus problématique car il contient 25 contingents bilatéraux dans le domaine agricole – dont des produits sensibles comme le vin ou la viande – avec des largesses accordées en dehors des contingents tarifaires de l’OMC, souligne l’USP. Et d’exiger des mesures d’accompagnement pour les secteurs concernés.

L’accord entre les pays de l’AELE, dont la Suisse, et ceux du Mercosur a été signé en septembre. Il devra encore passer par le Parlement et un éventuel vote populaire en cas de référendum.

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