Comment le marais des Mosses va se réinventer
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Désormais protégée par la loi, la zone marécageuse des Mosses ne restera pas pour autant croupissante. Fin septembre dernier, le projet de canons à neige prévu par Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette (TLML), longuement combattu par les milieux écologistes, a été abandonné. La loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage l’ayant rendu illégal.
Désormais, le projet se concentrera sur Leysin, mais aux Mosses, on n’imagine pas mettre un terme au développement touristique pour autant. Il se fera en suivant les critères légaux, et la municipalité d’Ormont-Dessous n’a d’ailleurs pas attendu les derniers événements pour prendre les devants.
Valoriser et sensibiliser
Pour son syndic Rémy Fischer, qui défend cette zone marécageuse depuis longtemps, il s’agit d’une opportunité. «J’ai toujours dit qu’on devait travailler avec le marais, et pas contre lui. Les gens avaient l’impression qu’il s’agissait d’un frein au développement. J’ai toujours défendu l’idée inverse. Il faut le mettre en valeur et le faire connaître.»
La zone marécageuse des Mosses, au même titre que les 88 autres zones similaires à l’échelle suisse, est protégée par la loi fédérale de 1987, qui limite ses possibilités de développement. Elle dicte que bâtiments, infrastructures et autres exploitations touristiques ou agricoles ne pourront être rénovés que si la modification ne péjore pas les caractéristiques protégées du marécage. Des installations comme des palissades ou la création de nouveaux sentiers peuvent être imaginées s’ils limitent les effets négatifs du public sur la faune.
Tout miser sur la nature
Aux Mosses, la thématique est connue. Chez les autorités, il existe depuis quelques années déjà l’ambition de devenir un lieu de villégiature plutôt qu’un simple axe de passage. Cela passe par des projets de revalorisation du territoire, comme ce site dédié à la sensibilisation à la biodiversité, encore en gestation.
Non loin de la Maison de l’Espace Nordique, le visiteur y trouvera, dès l’été 2027, un point de baignade naturelle, ainsi qu’une place de jeux et d’animations pour enfants. Cette dernière, avec un tout nouveau restaurant qui ouvrira ses portes en décembre 2026 déjà, constituera l’arrivée du «Sentier des marais», promenade didactique reliant La Lécherette aux Mosses.
Tant que neige il y aura
«Il n’y aura pas que de la restauration. Toute une thématique sera appliquée, notamment dans le choix de produits biologiques et régionaux. Le lieu sera aussi utilisé pour faire comprendre l’importance du marais.» Enfin, du côté de l’Arsaz, en direction de La Lécherette, une partie du parking a été végétalisée en faveur de la biodiversité.
Tous les acteurs sont cependant formels: le ski continuera d’exister aux Mosses. «Quand la neige nous sera donnée naturellement, nous en profiterons, promet le syndic. Nous avons aussi la chance de pouvoir utiliser la zone en y pratiquant le ski de fond.» Et malgré l’incertitude, les différents acteurs sont optimistes. «Les autorités et exploitants des remontées ont pris conscience des contraintes, explique Alberto Mocchi, président de Pro Natura Vaud, qui s’était battu contre le projet de canons à neige. On espère que la suite soit conçue de manière à respecter ces sites extrêmement importants pour la biodiversité.»
L’exemple d’autres zones naturelles
En effet, les zones marécageuses sont capables de stocker de grandes quantités d’eau ainsi que du CO2, et abritent de nombreuses espèces animales. La promotion touristique de la région passera donc par ce que la nature lui imposera. «Quelle que soit l’évolution de l’offre, nous continuerons à promouvoir la destination dans son ensemble», explique Alexandre Belogi, directeur de l’association touristique Aigle-Leysin-Col des Mosses.
D’autres zones marécageuses de Suisse, comme les Grangettes à Villeneuve, la Grande Cariçaie sur les rives du lac de Neuchâtel ou encore le Mooraculum à Sörenberg (LU), ont déjà fait de ces ressources naturelles un argument de développement. Un défi qui n’effraie pas les Mosses.


