En Gruyère, on fête le retour des moutons
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C’est un cortège que l’on entend bien avant de le voir apparaître dans la rue autour de laquelle s’allonge le village de Bellegarde – qu’ici d’ailleurs on appelle plutôt de son nom alémanique de Jaun. Le tintement des sonnettes résonne, annonçant l’arrivée des troupeaux de moutons qui ont passé l’été sur les alpages environnants.
À l’affut du détail
Documenté depuis le XVIe siècle, l’événement attire chaque année une foule nombreuse venue rendre hommage à une pratique ancestrale du pastoralisme qui est encore vivace dans la région. «Il y a un décalage amusant entre la dimension historique du défilé et les spectateurs qui le suivent à travers l’écran de leur smartphone», sourit Joachim Sommer.
Friand de ce genre de détails et de ces petits paradoxes qui donnent tout son sel à un cliché, le photographe veveysan assistait pour la première fois à la Schafscheid. Ce qui l’y a marqué? L’importance de la transmission: «L’élevage ovin en Gruyère a une dimension très familiale. C’est beau de voir plusieurs générations mener ensemble leur troupeau. Tous m’ont dit la même chose: malgré le fait que l’activité soit peu rentable, il n’est pas question pour eux d’abandonner l’élevage de moutons.»
Au total, entre 300 et 500 bêtes défilent dans le village de Bellegarde durant la foire aux moutons. La plupart arrivent par petits troupeaux de quelques dizaines d’animaux.
Le pastoralisme, on l’a dans les gènes: notre photographe a été frappé par la dimension intergénérationnelle de l’événement.
Durant la journée, le public a l’occasion de se familiariser avec la tonte des moutons ou la traite des chèvres lors de démonstrations.<br /> <br />
La route qui traverse le village est fermée durant toute la Schafscheid. Priorité aux stars du jour: moutons, bergers, éleveurs et sociétés d’alpage.<br />
Connaisseurs ou simples curieux, on se presse le long de la route pour assister au spectacle. De quoi offrir une belle galerie de portraits à Joachim Sommer.
La Schafscheid n’est pas qu’une manifestation folklorique. On y vend également certaines de ses bêtes en fin de saison, à un autre éleveur ou à un boucher.


