En cas d'épizootie, les indemnisations ne sont pas une assurance tous risques
Avec l’intensification des échanges, le changement climatique et la progression de certaines maladies aux portes de la Suisse, les éleveurs doivent désormais composer avec une menace bien réelle, capable de bouleverser une exploitation en quelques jours.
À Rochefort (NE), Ludovic Renaud l’a vécu de plein fouet. En 2024, un foyer de botulisme emporte une quinzaine de ses vaches en quelques jours. «Je les voyais tomber les unes après les autres», se souvient-il. Derrière le choc, c’est toute l’exploitation qui s’arrête. Plus de lait à livrer, des bâtiments à désinfecter, un vide sanitaire qui s’étire sur plusieurs semaines. Et puis, un travail de longue haleine: reconstituer un troupeau, retrouver un rythme, absorber les pertes.
«Beaucoup pensent qu’en cas d’épizootie, tout est couvert», observe Jacques Nussbaum, éleveur voisin. Or, si la loi fédérale sur les épizooties (LFE) prévoit des indemnités pour les animaux morts ou abattus jusqu’à 90% de leur valeur, celles-ci restent limitées. Les pertes de revenus et les autres conséquences économiques «ne sont pas prises en charge par les pouvoirs publics», rappelle Tiziana Boebner-Lombardo, porte-parole de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Autrement dit, une fois le troupeau indemnisé, l’arrêt de l’activité reste à la charge de l’exploitation.
Combler les lacunes
Depuis 2023, Suisse Grêle propose une assurance épizootie spécifiquement conçue pour les bovins, étendue en 2026 à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Elle vise à couvrir ce que les indemnisations publiques ne prennent pas en charge. Sur le papier, le mécanisme est simple. Un premier volet indemnise la perte de rendement. L’éleveur choisit une somme assurée entre 1000 et 4000 francs par unité de gros bétail (UGB). En cas de fièvre aphteuse, il perçoit 100% de ce montant pendant douze mois. Pour les autres épizooties couvertes – du botulisme à la DNC – l’indemnité atteint environ 30% sur une durée d’environ quatre mois.
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