L’art et la science dialoguent en dessins
Après une pause hivernale, le Jardin botanique cantonal de Lausanne rouvrira ses portes le lundi 19 janvier. Dès cette reprise et jusqu’au 19 avril, le public pourra y visiter «Natura Picta».
L’exposition aborde une part de l’histoire de l’illustration naturaliste, pratique consistant à représenter avec réalisme les éléments de la nature. «Cette discipline abrite des artistes de haut niveau, dont les œuvres n’existent que s’ils s’intéressent de près à ce qui nous entoure, salue Joëlle Magnin-Gonze, conservatrice au département botanique du Naturéum. L’exposition invite alors à aiguiser son regard, à observer la structure des éléments naturels et à apprendre à les représenter le plus fidèlement possible.»
Comprendre pour dessiner
Ce récit s’appuie sur les dessins de l’un d’eux: le dessinateur naturaliste Philippe Marle. Le Français collabore avec le Naturéum depuis 2023, date d’une première réalisation pour l’Atlas de la flore vaudoise.
Érigeant en maxime qu’«on ne peut dessiner que ce que l’on comprend», Joëlle Magnin-Gonze rend honneur à l’intersection entre art et science où se situe Philippe Marle. «Il est bien trop humble pour se l’approprier, mais elle lui sied à merveille», affirme la conservatrice.
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Pour cette exposition, l’artiste habitué à croquer le vivant s’est attelé à une nouveauté: les minéraux. S’étant vu ouvrir les portes des collections du département de géologie du Naturéum, il a pu sélectionner quelques cristaux qu’il a dessinés sur place.
Une approche distingue particulièrement le travail de Philippe Marle de celui d’autres botanistes: ses illustrations d’espèces différentes sur une seule et même planche.
Cette grue antigone, plus grand oiseau volant du monde, ne perd pas de sa superbe dans l’exposition: elle est représentée sur une toile d’un mètre de hauteur, dès l’entrée.
Dans cette «litière forestière», feuilles de chêne rouge d’Amérique, de liquidambar ou de ginkgo côtoient plumes de geai, escargots et bois de chevreuil.
Caractéristique de la patte de Philippe Marle, son dessin allie la couleur au noir et blanc pour mieux représenter les structures.
À l’instar de ces papillons illustrés avec leur plante-hôte et à différents stades de développement, Philippe Marle met en scène les espèces dans leur milieu naturel.
