AgroPrix 2020
Votez pour votre projet préféré!

Chaque année, l’agroPrix, dont Terre&Nature est partenaire, récompense les projets agricoles les plus innovants de Suisse. Voici les quatre finalistes. A vous de désigner votre vainqueur!

Votez pour votre projet préféré!

 

UN VOTE = UNE CHANCE de gagner un prix!
Cliquez sur votre projet préféré et tentez de remporter un des lots suivants:

1er prix: Un abonnement annuel à Smartbeer d’une valeur de 420 francs. Pour déguster chaque mois les meilleures bières du pays.

Prix de consolation: 5 mangeoires à oiseaux (40 fr. pièce) et 5 Kits pour les grillades (70 fr. pièce)

 


PROJET n°1: La fabrication du fromage d’alpage est devenue un moteur du développement agritouristique régional (SG)

C’est une démarche rare en Suisse: depuis mai 2020, les agriculteurs des neuf principaux alpages du Flumserberg, dépendant des communes de Flums et de Quarten, centralisent la fabrication de leur fromage sous la marque Flumserberg Alpkäserei. Chaque jour, 450 kg de lait sont amenés et transformés dans des installations flambant neuves à deux pas de la station de télécabine. Ce beau plateau situé à 1400 m d’altitude est devenu en quinze ans le centre d’un développement régional spectaculaire.«Nous nous sommes demandé comment nous impliquer dans cette dynamique, en ajoutant de la valeur à notre propre production, explique Marco Gadient, cheville ouvrière du projet et propriétaire d’une cinquantaine de laitières. Nous avons misé sur le renforcement de la tendance des consommateurs à privilégier la régionalité et la qualité et avons commencé par créer une marque: proposer des produits de neuf provenances ne faisait pas sens pour notre clientèle essentiellement urbaine.» Ce printemps, leur nouvel outil de travail a été inauguré. À côté de la fromagerie, le restaurant a été rénové; une boutique proposant les spécialités de la marque – étendue à différentes pâtes mi-dures, mutschlis, mozzarella, fromage à pâte molle ou encore yaourts – accueille le visiteur. Dehors, un vaste espace thématique invite les enfants au jeu, tandis que l’antique fromagerie à chaudron est devenue le point nodal d’animations et de visites de groupes. Quelque 5,6 millions de francs ont déjà été investis dans le projet; si les producteurs, réunis en association, en financent l’essentiel, le partenariat avec les remontées mécaniques s’est avéré crucial dans l’aventure du Flumserberg, comme le soutien des acteurs touristiques et des collectivités. Cette remarquable synergie repose sur la centralisation de la production, un marketing soigné et un équilibre entre modernisme et tradition. «En gardant à l’esprit les spécificités de chaque situation, l’articulation entre activités agricole et touristique est clairement devenue un point essentiel pour le développement régional», note Marco Gadient.
+ D’infos www.alpkäserei-flumserberg.ch

PROJET n°2: Le premier ail noir intégralement élaboré en Suisse est issu des terroirs de la Venoge (VD)

Les saveurs et les qualités de l’ail noir en font un condiment prisé des chefs et un superaliment de plus en plus tendance. Au domaine du Verger, à Lussery-Villars (VD), Christophe Gatabin est le premier producteur du pays à maîtriser son élaboration délicate, du plantage des caïeux à la lente torréfaction des bulbes; il commercialise un ail noir 100% issu des terres argileuses de la Venoge – un sol qui convient bien à la plante, précise le jeune agriculteur. Toute l’aventure est née en janvier 2019 de l’envie d’ajouter un produit de niche synonyme de défi technique au panel de prestations du domaine (vaches allaitantes, pension pour chevaux, poulets, grandes cultures et pommes de terre). «J’avais envie de proposer quelque chose qui suscite un échange intéressant avec la clientèle», souligne Christophe Gatabin. Après de multiples recherches et des contacts avec des cultivateurs d’ail en France ou au Canada, il lui a d’abord fallu investir dans une planteuse et une récolteuse d’occasion. Depuis l’an dernier, il plante dix ares d’ail en octobre, qui lui fourniront 600 kg à la récolte au printemps; une centaine de kilos seront transformés en ail noir. Au fil de ses essais, ce passionné de technique et d’agriculture a entièrement aménagé un local fermé et ventilé en vue de la fabrication de l’ail noir, pour garantir une hygiène irréprochable au cours du processus. Dont la phase la plus complexe et la plus délicate réside dans la lente réaction de Maillard qui brunit les sucres et transforme les acides aminés sous l’action des enzymes; durant le processus, les bulbes perdent 40% de leur poids par évaporation de l’eau. Christophe Gatabin a donc mis au point sa propre étuve à atmosphère contrôlée dans laquelle l’ail passe deux jours à 80°C, puis un mois à 50°C. Une fois torréfiés, les bulbes patientent un autre mois sur une claie, pour développer leurs arômes. Il sera ensuite conditionné et distribué sur internet et dans des points de vente sélectionnés par son amie et associée Carine, responsable du marketing. «Certains clients le consomment tel quel, pour ses qualités nutritionnelles et anti-infectieuses. Il faut savoir que l’ail contient 18 des 20 acides aminés essentiels pour l’organisme.» Le jeune agriculteur souhaite aujourd’hui investir dans une nouvelle chambre froide et une nouvelle étuve, afin de pouvoir transformer de l’ail toute l’année. «Cela doit rester une activité à dimensions humaines et artisanales, 100% locale et qui plus est peu gourmande en intrants, ce qui reflète bien la philosophie de notre exploitation », conclut-il.

+ D’infos www.domaineduverger.ch


PROJET n°3: Un sentier aventure, fil rouge agritouristique de la ferme pour en découvrir les coulisses (SO)


Chez Fritz et Nicole Reusser et leurs six enfants, les visiteurs – privés ou sorties d’entreprise – peuvent venir manger une fondue ou un morceau de viande maison rôtie sur le gril, se réunir autour d’un brunch, fabriquer des saucisses ou simplement faire leurs emplettes dans la petite boutique garnie de produits de la ferme et d’exploitations amies. «Il fallait donner un fil conducteur à toutes ces activités! Nous avions aussi envie de montrer les coulisses de notre exploitation de 28 ha de grandes cultures et d’élevage de 180 porcs à nos hôtes, explique Nicole. L’expérience nous a montré que la réalité de notre travail n’est pas toujours bien comprise, même par les habitants de la campagne. Or, il n’est pas facile de répondre à leurs questions lorsque nous sommes pris par notre travail quotidien.» Au fil du développement de leur palette d’activités agritouristiques, établir un cadre permettant à la fois d’impliquer leurs six enfants (dont les âges vont de 2,5 à 16 ans…) tout en opérant une séparation claire entre activités privées et professionnelles est également apparu de plus en plus clairement au couple. «Nous voulions aussi fidéliser nos clients et en acquérir de nouveaux», précise Fritz. De cette réflexion est née en 2017 l’idée du Chemin du lait: un parcours aventure à travers le domaine, avec des postes qui en explicitent leurs différentes – colza, céréales fourragères, céréales panifiables et porc – sur un mode ludique et accessible à tous. Une visite autonome d’une durée de 2h environ, dont les Reusser font évoluer chaque année le tracé; depuis 2019, un Sentier de Noël au concept similaire prend le relais en hiver. «À chaque poste correspond en outre un produit que l’on peut acheter en fin de parcours. Et lorsqu’on rend la petite carte qu’il faut remplir sur le sentier, on reçoit un pot de confiture maison», note Nicole. Soutenu par une organisation rigoureuse, des partenariats judicieux avec les artisans de la région et un marketing de pointe faisant la part belle aux réseaux sociaux, le projet de la famille Reusser s’affirme comme une plate-forme multifonctionnelle efficace pour soutenir l’ensemble de leurs prestations agritouristiques, qui plus est modulable et parfaitement adaptable aux projets que les agriculteurs ne cessent d’imaginer. «Et sa dimension pédagogique en fait un outil précieux pour montrer le quotidien paysan au-delà des clichés et des idées préconçues», relève Nicole.

+ D’infos www.zelgli-traeff.com


PROJET n°4: L’éthique sans compromis de la pâture à l’étal: les pionniers grisons de l’abattage à la ferme (GR)

Lorsque Claudia Hanimann et Georg Blunier décident de reprendre un domaine de Paspels, ce n’est pas pour en faire une exploitation comme une autre. Les deux trentenaires savent exactement à quoi ressemble la ferme de leurs rêves: une exploitation à taille humaine, reposant sur les principes de la biodynamie, produisant une multitude de céréales et de légumineuses anciennes, et où l’on cultive le respect de l’environnement comme des bêtes. C’est après deux étés passés sur des alpages que le couple décide d’opérer ce virage à 180 degrés. Ni Claudia ni Georg ne sont issus d’une famille paysanne, et leur formation artistique ne les prédestinait pas franchement à cette perspective. Qu’à cela ne tienne: une formation professionnelle plus tard, ils trouve

nt une ferme à remettre et se lancent en 2014. «Nous n’avions aucun doute sur le fait que nous voulions élever des vaches mères pour produire de la viande, raconte Georg. Aussi bien pour le plaisir de travailler au quotidien avec nos attachantes grises rhétiques que pour participer à préserver la génétique de cette race qui fait partie du patrimoine culturel suisse. Mais la question de l’abattage nous posait problème: nous souhaitions éviter à nos bêtes le stress inhérent au transport à l’abattoir.» Les démarches administratives sont longues, mais le canton des Grisons autorise les éleveurs à abattre leurs vaches à l’étable. «Cela se fait dans le calme, en présence d’un vétérinaire et d’un boucher. Une fois mort, l’animal est transporté vers la boucherie, où il est préparé par l’artisan. Rassie sur l’os entre trois et quatre semaines, elle est commercialisée en vente directe, presque exclusivement sous forme de viande fraîche. «Pour nous, c’est exclu de produire plus que ce que l’on vendra, note Georg. Nous abattons une vingtaine de bêtes par an, et n’avons pas l’intention d’augmenter notre production, ce qui nous forcerait à revoir notre manière de faire.» Le modèle a fait ses preuves, et les clients de la ferme Dusch se comptent par dizaines. Il y a les privés et les professionnels de la gastronomie, qui ont rapidement repéré la qualité hors norme de leur viande, dont le fameux chef étoilé Andreas Caminada. Surtout, l’abattage à la ferme intéresse d’autres paysans: «Il y a environ 120 éleveurs qui ont manifesté leur intérêt, dit Georg. Sans compter de nombreux bouchers. C’est une manière de repenser notre manière de produire et de consommer de la viande.» Claudia et Georg n’ont jamais voulu jouer les exemples, mais ils se réjouissent de cet engouement: «Si nous pouvons faire avancer les choses, montrer à des collègues que cette manière de faire est pleine de sens et viable économiquement, nous aurons gagné notre pari.»

+ D’infos www.hof-dusch.ch

Votes Agroprix 2020

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    Votez jusqu'au 22 octobre 2020 pour votre projet favori! Vous participerez d'office au tirage au sort et gagnerez peut-être un des lots en jeu. Bonne chance!
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Texte(s): Blaise Guignard
Photo(s): Blaise Guignard/Clément Grandjean