Vétérinaire équin, un métier qui a évolué

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Métiers du cheval 2/6
Vétérinaire équin, un métier qui a évolué

Le monde du cheval est riche en métiers spécifiques. Poursuivant notre découverte de ces professions atypiques, nous avons accompagné dans sa tournée la vétérinaire équine Éva Föllmi.

Vétérinaire équin, un métier qui a évolué

Dans une écurie située près de Chavannes-de-Bogis (VD), Éva Föllmi examine avec attention un cheval qui souffre de boiterie. La propriétaire de l’animal effectue des allers et retours au pas, puis au trot, afin que la vétérinaire, spécialisée en médecine équine, puisse situer l’origine de cette pathologie. Des examens plus spécifiques – tests de flexion et utilisation d’une pince à sonder – viennent compléter la visite. «Souvent, j’ai vraiment l’impression d’être dans la peau d’un détective, s’enthousiasme la vétérinaire. Le cheval me montre certains symptômes – des indices –, à moi ensuite de trouver la cause de son problème en les mettant bout à bout. J’aime ce travail de recherche.»

Jeune, femme, ouverte aux médecines complémentaires, Éva Föllmi incarne cette nouvelle génération de vétérinaires, qui n’hésitent plus à travailler en réseau avec d’autres collègues. «La profession s’est fortement féminisée ces quinze dernières années. Nous collaborons probablement plus entre vétérinaires équins, notamment pour les services de garde, échangeons nos points de vue et référons facilement les cas à un spécialiste, si nécessaire. Les connaissances en médecine vétérinaire ont fortement progressé et on s’oriente de plus en plus vers des spécialisations: orthopédie, cardiologie, ophtalmologie, par exemple.»

Un esprit curieux et ouvert
La voiture de la vétérinaire regorge d’instruments et de médicaments variés pour soigner la multitude de pathologies auxquelles elle peut être confrontée. Les fleurs de Bach et les aiguilles d’acupuncture côtoient les anti-inflammatoires, les antibiotiques et les vermifuges. «Avoir recours uniquement à la médecine allopathique ne me satisfaisait plus, car, face à certains cas, je trouvais les possibilités thérapeutiques trop limitées, explique Éva Föllmi. Ayant testé sur moi-même les bienfaits de certaines médecines complémentaires, je me suis formée en acupuncture et en ostéopathie.» Désormais, la vétérinaire utilise ces deux types de thérapie en complément de la médecine allopathique, selon les pathologies et les souhaits de sa clientèle. «Mais je n’oublie jamais ma formation de base et pratique toujours en premier lieu un examen clinique classique. Je juge cela essentiel pour poser un bon diagnostic.» D’une curiosité intellectuelle insatiable, Éva Föllmi se perfectionne sans cesse, en suivant des formations continues ou en lisant des articles scientifiques. «En médecine vétérinaire, on n’a jamais fini d’apprendre. J’ai besoin de continuer à progresser en permanence.»

Un métier sans heure
Les journées de travail de la vétérinaire sont longues. La matinée et l’après-midi sont consacrés à sa clientèle, avec de nombreuses heures de déplacement pour se rendre d’un patient à l’autre, de la région morgienne à la France voisine, en passant par Genève. Éva Föllmi effectue ainsi plus de 50 000 km en voiture par an. «C’est probablement l’un des côtés négatifs du métier. Je passe de nombreuses heures dans la circulation.» En soirée, du travail administratif doit encore être effectué: écrire des rapports, envoyer les factures, commander des médicaments. Une organisation qui se doit d’être bien rodée, afin de pouvoir en outre s’occuper de sa fille, qui n’est pas encore scolarisée. «Ce n’est pas toujours facile d’être disponible pour ma clientèle, tout en jonglant avec mes obligations familiales. Mais soigner est une vocation, qui exige un engagement personnel important.»
La vétérinaire accorde beaucoup d’importance à la communication. Elle ne ménage pas ses efforts pour expliquer les différentes alternatives de traitement, le pronostic, les complications éventuelles. «Il faut avoir de la patience et savoir écouter les gens. Le contact avec le propriétaire et tout aussi important qu’avec le cheval. Avec l’animal, je dois être calme, posée et sûre de moi, afin de le rassurer.»

Après avoir traité la boiterie du cheval qu’elle a examiné, Éva Föllmi, stéthoscope autour du cou, remonte dans sa voiture pour aller soigner d’autres patients. Une jument qui tousse, deux ânes à vacciner, un hongre dont il faut contrôler la dentition et une séance d’acupuncture attendent encore la vétérinaire. «La diversité du métier le rend palpitant, s’enthousiasme-t-elle. Chaque cas est différent et demande un traitement personnalisé.»

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): © eddy mottaz

en chiffres

La médecine vétérinaire, c’est:

  • 5 ans d’étude après la maturité.
  • 3 à 5 ans de spécialisation supplémentaire pour obtenir le titre FVH, l’équivalent du FMH des médecins.
  • 2 facultés vétérinaires, à Berne et à Zurich.
  • Plus de 80% de femmes qui terminent actuellement leurs études.
  • Une quarantaine de vétérinaires équins en Suisse romande.
  • Plus de 300 points classiques en acupuncture.
  • 469 muscles, 205 os et une dizaine d’organes sur lesquels influe l’ostéopathie.

souvenir

Des douleurs soignées grâce aux aiguilles

Éva Föllmi a vécu nombre de situations marquantes, qui l’ont particulièrement touchée.
Elle tient à partager le souvenir d’une jument, qu’elle a pu soigner grâce à l’acupuncture. «Maha avait des coliques – de douloureux maux de ventre – chaque fois qu’elle était en chaleurs. Le vétérinaire venait donc toutes les trois semaines – l’intervalle entre les chaleurs – pour lui faire une injection d’antispasmodique. Ce médicament soulageait la jument, mais ne soignait pas la cause de ses maux. Malheureusement, en médecine allopathique, aucune autre solution n’est à la disposition du praticien, ce qui est particulièrement frustrant.

On m’a appelée pour tenter de soulager Maha avec l’acupuncture. Dès la fin de la première séance, elle a recommencé à manger ses granulés, qu’elle ne touchait plus à cause de la douleur. Désormais, à chaque changement de saison, je lui fais une séance d’acupuncture en prévention. Depuis lors, elle n’a plus jamais souffert de coliques.»