Une maison des années 1950 devient une villa contemporaine

Habitat
Rénovation écologique
Une maison des années 1950 devient une villa contemporaine

Transformer une petite demeure de conception dépassée en habitation contemporaine spacieuse et lumineuse, c’est possible. La preuve à Vevey.

Une maison des années 1950 devient une villa contemporaine

Les terrains à construire se font de plus en plus rares. En particulier dans la région de Vevey (VD), où Thomas Friberg, architecte, a trouvé une maison pour sa famille. En 2011, cet associé du bureau Actescollectifs Architectes SA acquiert la villa Légeret, construite en 1957 dans les hauteurs, au cœur d’un quartier résidentiel. Divisée en petites pièces sur un seul niveau de 85 m2 habitables, cette construction en L n’est pas adaptée au mode de vie d’une famille moderne avec deux enfants. Mais Thomas Friberg a sa petite idée.
Avant même d’emménager, les nouveaux propriétaires entreprennent donc une première série de rénovations axée sur la luminosité de l’ensemble: rocade entre la cuisine laboratoire existante et une chambre, suppression d’une cloison séparant la salle à manger du séjour, ponçage du parquet et pose d’un enduit blanc sur les murs débarrassés de leur papier peint d’origine. D’un seul coup, la lumière s’invite dans cette habitation tournée vers le Léman et les premiers coteaux de Lavaux. S’ensuit une phase d’acclimatation à la nouvelle demeure, prélude à la véritable métamorphose des lieux.

Temps record pour les travaux
Fin 2014, les Friberg se lancent. Sans démolir la bâtisse d’origine, dans laquelle ils ont déjà investi en travaux de rénovation, ils la rehaussent d’un étage. «La direction de l’urbanisme de Vevey a fait preuve de souplesse, salue Thomas Friberg. Elle a accordé une dérogation au règlement communal en autorisant un toit plat végétalisé ne coupant pas la vue du voisin.»
Les fondations de la maison d’origine étant saines, l’ajout d’un étage n’a pas posé de difficultés particulières. La surélévation a pris appui sur la structure existante, chose rendue possible par le type de construction: une ossature bois dont la pose a duré un jour, après une petite dizaine d’autres seulement pour démonter le toit existant et préparer les assises de la charpente et renforcer la dalle de béton existante. «Il fallait faire vite, pour éviter tout risque d’infiltration d’eau en cas de pluie», note Thomas Friberg.
Avec désormais 170 m2 habitables, cette villa rehaussée se pare de bois et présente une identité semblable à celle d’une maison contemporaine neuve. «Les amoureux d’architecture ne doivent pas désespérer, explique Thomas Friberg. Faute de terrain à bâtir, on peut toujours trouver d’anciennes maisons présentant un potentiel de transformation en habitat confortable et aux lignes modernes.»

Économie de chauffage
Les Friberg ont conservé la chaudière, encore en bon état. Mais la nouvelle isolation a diminué la consommation de mazout de moitié. Au rez, les radiateurs ont été maintenus, tandis qu’un chauffage au sol équipe l’étage. Sur le toit, qui pourrait être transformé en terrasse, on trouve des panneaux solaires pour l’eau chaude et photovoltaïques pour l’électricité. L’ensemble de la maison a été conçu pour permettre une redistribution aisée de l’espace selon les besoins des générations à venir. Le jour venu, deux appartements et un studio pourraient être aménagés sans grands travaux.

+ d’infos www.actescollectifs.ch

Texte(s): Nicolas Verdan
Photo(s): Thomas Jantscher/Nicolas Verdan

Combien ça coûte

Le coût de construction se monte à 89’000 francs, y compris 50’000 francs consentis pour une première phase de rénovation de la villa de 1957. 300’000 francs supplémentaires auraient été nécessaires pour démolir et reconstruire à neuf. La surface totale d’habitation se monte à 170 m2, auxquels s’ajoutent 85 m2 de locaux techniques. La pose de la charpente avec son toit plat a duré un jour et le chantier a duré de fin février à début juillet 2015.

Trois interventions clé

fenetre

 

 

Une baie vitrée verticale
La cage d’escalier a été positionnée à l’angle nord-est du bâtiment. De jour, elle baigne dans la lumière d’une baie vitrée tout en hauteur, offrant une perspective sur la Dent-de-Jaman.

 

 

 

 

bardage bois

 

Un bardage en épicéa gris
Avec son bardage en épicéa gris, la maison a trouvé son identité, à la fois forte et discrète. Le bois lasuré assure une ventilation à la façade, dont la couleur évoluera naturellement..

 

 

 

 

 

ouverture

 

Ouverture zénithale
À l’origine, cette demeure était repliée sur elle-même. Aujourd’hui, elle invite la lumière, comme dans la salle de bains des parents, agrémentée de deux éclairages zénithaux.