AgroPrix 2021
Une boisson à l’avoine 100% bio et locale

Dans le Seeland, Leandra Brusa et Urs Marti ont mis au point une boisson à l’avoine bio entièrement produite sur leurs exploitations.

Une boisson à l’avoine 100% bio et locale

Urs Marti et sa femme Leandra Brusa tiennent une ferme-refuge dans le Seeland bernois; ils y concilient véganisme et agriculture d’une façon exemplaire – après avoir fait évoluer leur exploitation, auparavant consacrée à l’économie laitière. «Nous regrettions de ne pas trouver de boisson à base d’avoine en Suisse», explique Urs Marti. D’un échange de réflexions à ce sujet avec sa femme et son ami Beat Troxler – qui tient un établissement similaire dans le canton de Lucerne avec son épouse Claudia – est née cette boisson 100% locale et durable, issue de céréales cultivées au domaine et moulues dans l’Emmental.

«“Beat est notre spécialiste technique, sourit Urs. C’est lui qui s’est occupé de concevoir notre petite chaîne de production à partir d’autocuiseurs destinés à la restauration collective, et de les connecter à des panneaux photovoltaïques.»

Le traitement de l’avoine en minoterie est complexe, et les cultivateurs doivent annoncer plusieurs mois à l’avance les volumes à transformer. Déterminer la recette idéale a aussi constitué un point important du développement du projet. «Leandra s’en est chargée, en faisant d’abord des essais avec de petits volumes, précise son compagnon. La formule a constamment évolué depuis le début, notamment pour augmenter la durée de conservation, qui est aujourd’hui de trois semaine à un mois, sans problème.»

Dans le petit local ingénieusement aménagé de la ferme-refuge d’Urs et Leandra, 250 à 300 litres de haferdrink, en version nature ou «barista» (spécialement pensée pour agrémenter son café d’un nuage), sont produits et embouteillés chaque semaine à Kallnach. Une remorque réfrigérée recourant également au solaire – modifiée en ce sens par Beat – assure leur distribution dans les commerces équitables et les épiceries en vrac de dix cantons alémaniques, avec un système de consigne. «Notre objectif est de doubler notre production hebdomadaire et d’en tirer la moitié du revenu de nos exploitations respectives» indique Urs Marti. D’autant que l’avoine, plante indigène et saisonnière facile à cultiver, s’avère de surcroît intéressante sous l’angle écologique: «Elle favorise le sol et se prête très bien à la rotation avec d’autres cultures prisées pour leur durabilité, comme les lentilles ou l’épeautre.» Il ne s’agit pas de concurrencer le marché laitier, conclut le jeune agriculteur, mais de «proposer une alternative locale et durable pour les véganes et les personnes intolérantes au lactose.»

www.biohof-hübeli.ch

Chaque année, l’agroPrix, dont Terre&Nature est partenaire, récompense les projets agricoles les plus innovants de Suisse. Votez pour votre projet préféré ici.

Texte(s): Blaise Guignard
Photo(s): DR