Un jardin sans terrain, c’est possible!

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Les conseils de Terre & Nature
Un jardin sans terrain, c’est possible!

Se créer un petit paradis vert sur sa terrasse, sur le balcon, ou sur les rebords des fenêtres? C’est presque toujours réalisable. Mais dans la plupart des cas, il faut recourir à la culture en pot.

Un jardin sans terrain, c’est possible!

Que peut-on cultiver sur une terrasse ou un balcon? Beaucoup de plantes, en fait: des aromatiques, des potagères, des petits fruits, des «géraniums» et autres saisonnières, du jasmin et bon nombre de grimpantes et autres espèces usuellement cultivées dans les jardins, de belles méditerranéennes (mais il leur faudra un abri pour l’hiver), sans oublier certaines plantes «d’intérieur» (qui seront fort aises d’y passer la belle saison). Beaucoup de plantes, donc – mais pas toutes. Ne serait-ce qu’en raison du volume de terre nécessaire – et donc des dimensions des contenants, et du poids: difficile d’imaginer y faire pousser de grands arbustes, ou des arbres. Ce n’est toutefois pas qu’une question de dimensions.
Au jardin, une plante bien choisie, une fois qu’elle est installée, se débrouille pour ainsi dire toute seule. Et, sauf catastrophe – invasion de campagnols affamés, hiver particulièrement rude, sécheresse prolongée justement l’été où l’on est parti durant un mois –, elle est là pour des années, voire des décennies.
Sur une terrasse, en pot, c’est bien différent. À la base déjà, les conditions de vie, sur un balcon ou dans une cour, sont souvent plus difficiles qu’au jardin: durée d’ensoleillement moindre (mais exposition alors parfois brûlante, par réverbération sur des surfaces vitrées ou le béton des bâtiments voisins), ambiance confinée (plus favorable au développement de maladies et de parasites), à l’abri de la pluie… Et la culture en pot ne fait qu’ajouter des occasions de stress. Le volume de terre à disposition étant réduit, les racines peuvent rapidement manquer de certains éléments minéraux, les épisodes de sécheresse ont tôt fait de succéder aux inondations. Le froid est aussi plus redoutable, attaquant de tous côtés et non seulement à la surface du sol. Et la moindre nichée de hannetons semée dans un pot s’en prend forcément aux racines de la seule plante disponible.
Il est donc d’autant plus important, quand on entreprend de végétaliser une terrasse ou un simple rebord de fenêtre, de bien choisir ses plantes, de prévoir des contenants de dimensions suffisantes, et d’être prêt à assurer des soins très réguliers. Les tout petits espaces – fenêtre ou balcon de poche – ne laissent que peu de place à l’improvisation. On peut cependant, même là, donner une impression de luxuriance en exploitant les possibilités de jardiner à la verticale, par exemple en installant des fils pour des grimpantes annuelles, en accrochant des jardinières à la rambarde. Attention cependant à respecter d’éventuels règlements, et à bien arrimer les potées.
Il est plus facile de transformer en jardin terrasses, cours et grands balcons. Donner la priorité à des espèces rustiques permet alors de pérenniser le décor, disposer les plantations dans les angles, le long des façades, conserve un maximum de dégagement. Des plantes grimpantes sont idéales pour constituer le fond de ce décor, mettant en valeur les potées d’arbustes précieux, vivaces ou annuelles que l’on disposera en îlots par-devant.

Texte(s): Isabelle Erne
Photo(s): Isabelle Erne

Le matériel indispensable

Pour la plantation et l’entretien, l’outillage nécessaire se limite à un transplantoir (petite pelle à main) et un bon sécateur. Côté contenants, mieux vaut éviter les teintes sombres et le métal (trop échauffants), donner la préférence aux matières synthétiques pour les gros pots (indéplaçables sinon) et s’assurer de leur résistance au gel s’ils doivent abriter des plantes rustiques qui passeront l’hiver dehors. Les pots doivent impérativement être percés (drainage).
Un bon terreau pour potées conviendra à un maximum de plantes. On peut aussi employer un terreau «à géraniums» mélangé d’un peu de bonne terre de jardin.
Faire un apport de compost en surface chaque année en début de printemps. Pour les saisonnières, on utilisera plutôt un engrais retard. Pour deux ou trois potées, un arrosoir d’un à deux litres, pourvu d’un long bec, fait l’affaire; sur un balcon où l’on cultive une dizaine de potées, dont certaines en hauteur, on préférera un modèle intermédiaire de quatre à cinq litres – il limitera les allers-retours jusqu’à l’évier, mais, même plein, ne sera pas trop lourd à soulever; enfin sur une grande terrasse ornée de nombreuses potées, on recourra à des arrosoirs de dix litres, en plastique léger, ou, plus confortable, à un tuyau extensible muni d’un pistolet d’arrosage.

Vos questions – nos réponses

  • Quelle taille de pot choisir?
    Tant pour l’esthétique que pour l’équilibre, la hauteur du pot devrait être égale au moins au tiers de la hauteur de la plante. Les plus petits sujets peuvent se contenter d’un pot de 10 ou 12 cm de diamètre, mais dans la plupart des cas on utilisera au moins du 15 à 18 cm pour des saisonnières, du 18 à 40 cm pour les vivaces et du 40 à 60 cm pour des arbustes. On trouve cependant aussi des pots rectangulaires, profonds mais étroits, qui permettent de cultiver des plantes contre un mur avec une emprise réduite sur la surface du balcon ou de la terrasse.
  • Quelle fréquence d’arrosage?
    Elle est très variable, dépendant de multiples facteurs: la saison bien sûr, mais aussi l’ensoleillement, l’exposition au vent, le type de plantes, le rapport entre le volume de terre et la taille du végétal… Sauf exception, le substrat ne doit pas être détrempé, ni jamais complètement sec – ce qui, pour une même plante, peut se traduire par un arrosage quotidien en été et trois gouttes d’eau tous les quinze jours en hiver. Pour les petits sujets, les soupeser en soulevant le pot permet d’apprendre rapidement quand arroser.
  • Y a-t-il des traitements à prévoir?
    Si les plantes sont bien soignées, l’emplacement pas trop confiné, les problèmes restent l’exception. Le cas échéant, privilégier des produits de traitement bio.

Trois catégories à choix

  1. Grimpantes
    Les plantes grimpantes sont peut-être les végétaux les plus intéressants sur les petits espaces: palissées contre un mur ou sur un claustra, elles offrent une grande surface de verdure (et de fleurs) pour un volume et une emprise au sol réduits. Pour se simplifier la vie, on choisira de préférence des espèces rustiques, qui pourront rester en place à l’année: jasmin officinal, chèvrefeuilles, lierre, vignes vierges…
  2. Saisonnières
    Les annuelles et les saisonnières utilisées comme telles ont deux gros avantages: très florifères, elles permettent de changer sensiblement de décor d’année en année, rien qu’en optant pour une autre couleur de fleurs; peu encombrantes, elles se contentent de petits contenants, qui peuvent facilement être déplacés en cours de saison. Il faut toutefois les renouveler chaque année (ou les hiverner, pour les saisonnières vivaces).
  3. Vivaces
    Beaucoup de vivaces rustiques, usuellement cultivées plutôt en pleine terre, ont un système racinaire qui leur permet de s’accommoder de la culture en pot. On les déplace facilement, et elles peuvent rester en place l’hiver. Mieux vaut toutefois donner la préférence à des espèces qui restent longtemps décoratives: hostas, gaura, heuchères, graminées, linaire, lavande, valériane rouge, camomille, certaines sauges…