Sous ses airs de géant, le leonberg est d’une gentillesse colossale

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Sous ses airs de géant, le leonberg est d’une gentillesse colossale

La stature intimidante de ce chien en fait un bon gardien. Doté d’un caractère affectueux et calme, il s’avère surtout un merveilleux compagnon pour toute la famille. Rencontre chez une éleveuse fribourgeoise.

Sous ses airs de géant, le leonberg est d’une gentillesse colossale

À La Joux (FR), les visiteurs ont droit à l’accueil joyeux et exubérant des trois leonbergs de la maison. Curieux, ceux-ci quémandent avidement de l’attention et des caresses. Leur taille XXL et leur énergie débordante ont de quoi impressionner. Mais pas de panique: ces trois sympathiques molosses regorgent de gentillesse. Peu répandu à cause de son format, le leonberg est en effet un fabuleux compagnon. «Voilà vingt ans, en feuilletant un livre sur les races, nous sommes tombés en admiration devant la photographie d’une enfant qui posait à côté de son énorme chien, expliquent Catherine et François Laffely. Comme nos trois filles étaient très jeunes à l’époque, cette image nous a marqués: le leonberg était parfait pour nous.» Elounda vient confirmer cette intuition et devient la nouvelle compagne de jeu de la famille. «Elle était d’une extrême douceur avec les enfants. Très protectrice avec nous tous, elle tentait parfois de nous rassembler comme un troupeau, tournant autour de nous.» Pour être épanoui, ce chien a en effet besoin d’un contact étroit avec sa famille, beaucoup plus que de grands espaces. «Il adore la proximité physique et peut sembler envahissant pour certaines personnes», souligne la Fribourgeoise.

Une croissance lente
Par amour des chiots et de la race, Catherine Laffely commence rapidement l’élevage, soutenue par son mari. Thalia agrandit alors la famille, sa première portée recevant le premier prix lors d’un concours. «Élever cette race demande cependant une patience extrême», reconnaît cette monitrice d’éducation canine, qui est désormais également membre de la commission d’élevage du club suisse du leonberg. Ce grand chien a en effet une croissance lente: les premières portées n’ont pas lieu avant l’âge de 2 ans et demi à 3 ans. De plus, chaque chienne n’a que deux ou trois portées maximum au cours de sa vie. Il faut donc beaucoup de temps pour juger de la pertinence des mariages choisis.
À La Joux (FR), tous les chiots portent le nom d’une ville. «Cela a commencé avec Elounda, que nous avons pu baptiser nous-mêmes chez son éleveur. Comme c’était l’année des E, nous lui avons donné le nom de l’endroit où nous avons séjourné pendant notre voyage de noces. Par la suite, à chaque naissance, nous ouvrons un grand atlas de géographie et cherchons des noms avec une consonance qui nous plaît.»

De surprenants nageurs
Nataljin et Nouna portent désormais tous les espoirs de l’élevage, alors que Haikou, retraitée, continue à partager le quotidien du couple. À l’aise dans l’eau, le leonberg ne boude jamais une baignade dans le lac. Haikou a même découvert le paddle avec sa maîtresse. «J’aime la présence hors du commun et l’intelligence de mes chiennes. En tant que monitrice d’éducation canine, la rapidité avec laquelle Haikou et ses compagnes comprennent ce qu’on attend d’elles me surprend toujours.»
Partager sa vie avec un leonberg n’est cependant pas anodin et demande un peu d’humour. «Parfois, Nataljin bouscule gentiment son entourage, car elle n’a pas vraiment conscience de sa taille et de sa force. Et mieux vaut ne pas laisser traîner sur la table basse du salon des objets qu’elle pourrait balayer de la queue!»

Texte(s): Véronique Curchod
Photo(s): Eric Bernier

Fiche signalétique

Origine Allemagne
Morphologie Ce géant, appartenant à la famille des molosses, compte parmi les plus grandes races de chiens du monde. Son poids atteint en moyenne 50 à 60 kilos. Musclé et agile, il possède un poil long de couleur fauve ou sable, avec un masque noir plus ou moins marqué au niveau de la tête.
Particularité Son nom est issu de la ville de Leonberg, dans le Bade-­Wurtemberg (Allemagne). Un marché renommé, où on pouvait acquérir des chiens de grande taille appréciés comme meneurs de troupeaux, s’y est tenu pendant des siècles. Au XIXe, l’un des conseillers municipaux de la ville contribua à faire connaître cette race en l’élevant de manière intensive. Au XXe siècle, elle faillit disparaître, avant de renaître voilà environ soixante ans.
Prix 2300 francs pour un chiot sevré, avec passeport, puce électronique et pedigree.
Ses points forts Son caractère doux, sa beauté, sa prestance, sa robustesse.
Ses points faibles La difficulté à acquérir un chiot, les portées étant rares. Sa taille imposante, qui ne permet pas de l’emmener partout avec soi. Son poil, qui exige un brossage régulier.
Élevages en Suisse romande Les Lys de La Joux, Catherine Laffely, La Joux (FR), www.leodeslys.ch; Club suisse du leonberg, www.leonberger.ch; Groupe romand du leonberg, www.grouperomandleonberg.wordpress.com

Témoignage d’une propriétaire

Isabelle Steffen, de Lausanne, Némo et Jodiya
«J’ai eu un réel coup de foudre pour le leonberg en rencontrant par hasard un chien de cette race qui m’était totalement inconnue. La force tranquille et la douceur avec lesquelles cet énorme leonberg a accepté que ma fille se pende à son cou m’ont émue. Némo, puis Jodiya ont alors rejoint notre famille à la perte de nos labradors. Malgré leur taille imposante, les gens que nous rencontrons en balade en ont rarement peur. Nos deux chiens évoquent en effet de grands nounours affectueux. Ils sont bons gardiens, mais n’ont pas une once d’agressivité. Némo et Jodiya n’ont qu’un défaut: ils sont particulièrement pots de colle, ce qui n’est pas forcément évident à gérer, vu leur stature!»