chronique
La période hivernale est propice à un examen des terres

Chaque mois, «Terre&Nature» présente différentes initiatives que les professionnels de la terre mettent en œuvre pour améliorer la vie et la fertilité de leurs sols cultivés.

La période hivernale est propice à un examen des terres

L’aînée de ses trois filles sur ses talons, Yvan Chollet s’en va, bêche en main, pour une dernière inspection de ses terres. L’année 2019 tire à sa fin, les composts et fumiers sont épandus, le blé lève, les colzas s’endorment et il faudra bientôt tailler la vigne. L’agriculteur et vigneron de Meinier (GE) profite du calme relatif du début de l’hiver pour prendre le pouls de son sol. «L’observer, en superficie et en profondeur, me permet de comprendre son fonctionnement. C’est une activité à laquelle je m’adonne régulièrement, surtout à cette saison!» Voilà dix ans que le Genevois pratique le semis direct sous couvert, afin de protéger ses sols et leur biodiversité. «Mon père avait déjà abandonné la charrue pour rationaliser les travaux.» Lorsqu’il prend les rênes du domaine, Yvan Chollet poursuit le virage entamé par son paternel, abandonnant tout travail du sol. «Dans mon modèle cultural, je cherche à imiter le système forestier et à augmenter le taux d’humus.» Pour évaluer l’efficacité de ses pratiques, Yvan Chollet passe donc énormément de temps à observer ses terres. «Je me déplace à pied dans mes parcelles, ça me permet de sentir la portance de mes sols.»
En cette fin décembre, les terrains sont gorgés d’eau, mais force est de constater qu’on ne s’enfonce pas dans le terrain. «Cette couche noire grumeleuse en surface, c’est là, la clé», fait remarquer Yvan Chollet, un genou à terre. La mise en place d’une rotation longue (huit ans) et l’intégration systématique de couverts végétaux lui a permis d’améliorer de 0,1% par an son taux d’humus. «Dix ans de pratique ont réglé mes problèmes d’érosion et permis d’augmenter considérablement la quantité de vers de terre.» Leurs turricules recouvrent d’ailleurs la surface des sols du Genevois. «Voilà dix ans que je fais des essais de couvertures, d’associations, de dérobées pour conserver mon sol et améliorer sa fertilité. Le meilleur indicateur de ma réussite, ce sont eux! Ils structurent verticalement le sol, lui permettant de mieux supporter les excès climatiques. En cas de sécheresse, je dispose de deux à trois jours de réserve hydrique en plus que mes voisins. Et même en cas de fortes précipitations, mes sols ne sont pas asphyxiés.» Quant aux rendements, ils évoluent à la hausse. «Dans mon système, j’effectue certes moins de passages, mais je passe beaucoup plus de temps dans mes champs. La clé d’un sol vivant, c’est l’observation!»

Texte(s): Claire Muller
Photo(s): Claire Muller

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