Jour J-1 avant une Fête fédérale de lutte de tous les superlatifs

Terroir
Estavayer 2016
Jour J-1 avant une Fête fédérale de lutte de tous les superlatifs

L’aérodrome de Payerne s’est transformé en une énorme place de fête s’apprêtant à accueillir 250'000 spectateurs
ce week-end pour la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres Estavayer 2016.

Jour J-1 avant une Fête fédérale  de lutte de tous les superlatifs

En bordure de l’autoroute A1, à la hauteur de Payerne (VD), les «bosseurs» s’activent depuis des mois. Les bosseurs, ce sont les 4000 bénévoles mettant sur pied le plus grand raout du pays: la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres Estavayer 2016, se déroulant du 26 au 28 août. Pour accueillir les 800 athlètes pendant deux jours de fête et plus de 250’000 spectateurs, une gigantesque arène métallique a été érigée au cœur de la Broye. Avec ses 52’016 sièges, ce stade éphémère est le plus grand du pays, dépassant – et de loin – les 38’512 places du Parc Saint-Jacques de Bâle. Sa pelouse, tondue au millimètre et percée de sept ronds de sciure, n’a pas à rougir face aux meilleurs terrains de foot.
Lundi dernier, à J-4 du coup d’envoi de l’événement, une armada de bénévoles fixait les banderoles, serrait les derniers boulons d’impressionnants gradins, alors qu’une autre alignait parfaitement les parasols et les lourdes tables en bois brut sous l’œil de visiteurs, venus admirer le site avant le lancement des festivités. «Il y a de plus en plus de monde sur le site qui se transforme chaque jour. Petit à petit, on sent que la pression monte», sourit Aurélia Butty, adjointe à la communication de l’événement.

Des chiffres impressionnants
Sur le terrain, les équipes peaufinent les derniers détails, avec le sourire mais le souci du travail bien fait. Dans les larges allées pour l’heure encore vides, difficile de se faire une idée globale du site tant il est grand. Le gigantisme de cette fête – qui a lieu tous les trois ans en Suisse, tous les quinze ans en Suisse romande – ne se limite pas à la taille de l’Arène de la Broye. Le simple fait de regarder les statistiques de cet événement à de quoi donner le tournis: le site s’étend sur 90 hectares, sans compter son camping de 21 hectares pouvant héberger 20’000 personnes. En plus d’un restaurant de 1200 places, des stands de nourriture d’une longueur totale de 360 m rassasieront les spectateurs. «On a pu se préparer pendant les deux semaines d’ouverture du restaurant, on sera donc prêts pour l’ouverture», glisse une serveuse, en se faufilant dans les rangées de tables.
Le coup d’envoi sera donné vendredi à 17 h pile, lors d’une cérémonie d’ouverture gratuite, du jamais vu dans l’histoire des fêtes fédérales de lutte. «La bannière arrivera en bateau au port d’Estavayer depuis Berthoud (BE), détaille Aurélia Butty. Puis tout le monde se rendra sur le site de la fête.» Preuve du succès de la manifestation, les billets pour entrer dans l’arène où se déroulent les combats, transmissibles, se sont arrachés en un temps record. Même les places debout. «Il y a un réel engouement populaire, se réjouit Aurélia Butty. Si 70% des spectateurs viendront de Suisse allemande, on attend aussi 30% de Romands, sans compter nos bénévoles habitant à 80% dans la Broye ou le canton de Fribourg.» Sur le site, il y a des promeneurs qui posent un œil averti sur l’avancée des travaux, comme un couple de retraités de Frauenfeld (TG). «On a réservé un hôtel plus d’un an à l’avance. Le site est grandiose», commentent-ils.

Un concentré de folklore suisse
Cette fête est bien plus qu’un affrontement des meilleurs lutteurs du pays, elle est un concentré de folklore. Les spectateurs, même sans billet, en prendront plein les mirettes et les oreilles gratuitement. En plus des concerts de cors des Alpes, de yodel et des lancers de drapeau, il y aura aussi des compétitions se déroulant en dehors de l’enceinte principale. Ils pourront  assister aux matches des 20 équipes de hornuss et aux prouesses de 120 lanceurs de pierres, dont une copie de celle d’Unspunnen (83,5 kg). Les passes des lutteurs dans l’arène seront aussi retransmises sur trois écrans géants. Ambiance garantie, d’autant que le site sera ouvert presque 24 h sur 24: les cantines et les halles fermeront à 3 h du matin, alors que les premiers visiteurs pourront accéder aux lieux seulement deux heures plus tard, à 5 h 30 du matin.

Des prix à gogo
Pour s’occuper avant le début des combats, les visiteurs pourront découvrir les prix attendant les vainqueurs des différentes disciplines, rassemblés dans un pavillon en libre accès. Cette véritable caverne d’Ali Baba à elle seule vaut le détour: sur ses gradins en bois sont exposés 400 prix offerts par des donateurs de toute la Suisse, d’une valeur globale d’un million de francs. «Depuis son ouverture le 12 août, plus de 18’000 personnes l’ont déjà visité», relève Aurélia Butty. Parmi eux, de nombreux curieux, étonnés de l’éventail des prix proposés, mais aussi des compétiteurs, venus admirer leur future récompense, hésitant entre le jacuzzi, le smoking, le lit double voire de l’électroménager dernier cri ou des machines agricoles. «Certains sont venus en repérage, comme Matthias Sempach (ndlr: vainqueur de la précédente fête à Berthoud), confie Sonja Brawand, secrétaire du pavillon des prix. Des lutteurs étaient étonnés de pouvoir repartir avec une voiture!»
Si rien ne leur plaît, ils pourront aussi choisir un prix vivant. Trois juments et six génisses attendent patiemment les gagnants dans une écurie construite pour l’occasion, hébergeant le véritable symbole d’Estavayer 2016, Mazot-de-Cremo. «On est venus juste pour voir ce taureau, il est grand!», sourit une retraitée, visitant l’écurie avec son petit-fils. Ce beau holstein noir et blanc de 1 m 80 au garrot, pesant plus d’une tonne, sera remis au vainqueur dimanche. Un grand moment en perspective.

Texte(s): Céline Duruz
Photo(s): Laurent de Senarclens

En chiffres

Une arène de 52’016 places.
90 hectares pour la place de fête, 21 ha supplémentaires pour le camping.
29 millions de budget total brut.
90 tonnes de sciure réparties dans 7 ronds de 14 m de diamètre chacun.
200’000 litres de bière, 100’000 litres d’eau minérale et 95’000 litres de sodas vendus en un week-end.
280 lutteurs, dont 30 Romands.
120 lanceurs de la pierre d’Unspunnen (83,5 kg) seront présents.
400 hornusseurs, soit 20 équipes, se mesureront à Estavayer2016.

Transport public ou voiture, mais sans GPS

La mobilité risque d’être le souci numéro un des organisateurs, qui ont pourtant proposé plusieurs options aux spectateurs souhaitant se rendre sur la place de fête autrement qu’en voiture. «Le meilleur choix est vraiment de prendre les transports publics, dont l’offre a été accrue ce week-end-là, rappelle Aurélia Butty, adjointe à la communication. Mais il ne faut pas oublier de réserver sa place sur le site internet des CFF.» Des bus feront la navette depuis les gares de Payerne (pour les voyageurs venant de Lausanne, Yverdon ou Fribourg) et de Corcelles-Nord (pour ceux arrivant de Berne et Morat) jusqu’à la place de fête. Trente-deux lignes de car ont aussi été spécialement mises en place pour l’événement, desservant 82 destinations dans le pays. Les Broyards sont quant à eux invités à se déplacer à pied ou à vélo. Pas moins de 10’000 places sont réservées pour les cycles sur le site.
«Des tracés pour les cyclistes ont été fléchés spécialement pour l’occasion», souligne Aurélia Butty. La majorité des spectateurs prévoient de venir en voiture, le site de la Fête étant situé non loin de la sortie payernoise de l’autoroute A1. Il risque donc d’avoir de gros bouchons. Les organisateurs recommandent aux automobilistes de débrancher leur GPS et de suivre les nombreux panneaux orange leur indiquant les parkings à leur disposition non loin de l’arène, d’où qu’ils viennent.

+ d’infos www.cff.ch , esaf.eurobus.ch et www.estavayer2016.ch